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Journée de mobilisation pour infléchir la réforme des retraites
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* Les syndicats veulent dépasser le million de manifestants
Le but est de faire pression sur les parlementaires
Les transports sont perturbés
PARIS, 24 juin (Reuters) - Les plus grands syndicats français veulent faire naître ce jeudi un mouvement d'opposition à la réforme des retraites suffisant pour infléchir le projet qui sera présenté en septembre au parlement.
Quelque 200 cortèges sont prévus pour cette journée de grèves et manifestations à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FSU-Solidaires-Unsa, qui veut mobiliser plus que les 395.000 (police) à un million (syndicats) de manifestants du 27 mai.
Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, vise ainsi un à deux millions de manifestants pour "peser aussi sur l'étape parlementaire".
"Les députés, il va falloir qu'ils aillent regarder leurs électeurs les yeux dans les yeux", a-t-il dit sur RTL.
Pour le leader de la CGT Bernard Thibault, "tout indique que nous passerons la barre du million de manifestants". "Si ça ne suffit pas, nous aurons de la suite dans les idées. Ce n'est pas la fin d'un cycle", ajoute-t-il dans un entretien à 20 Minutes.
A Paris, le cortège devait relier les places de la République et de la Nation à partir de 14h00.
Dans la matinée, les syndicats ont fait état à Marseille d'une mobilisation plus importante que le 27 mai où 80.000 personnes selon les syndicats, 12.000 d'après la police, avaient manifesté.
Les syndicats français s'opposent au relèvement de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite, levier principal choisi par le gouvernement pour juguler les déficits croissants des régimes de retraite.
"PAS UN MATCH", DIT COPÉ
Le projet de réforme, qui vise à rétablir l'équilibre financier des régimes en 2018, sera présenté le 13 juillet en conseil des ministres.
Les syndicats soulignent que le bond des déficits s'explique par la crise économique et que les mesures du gouvernement font supporter ce coût aux salariés, ce qu'ils estiment injuste, une analyse partagée par l'opposition de gauche.
Le gouvernement a dit qu'il ne reculerait pas sur le relèvement de l'âge légal, nécessaire selon lui pour répondre au défi démographique lié à l'arrivée en retraite de la génération du "baby boom" et à l'allongement de la durée de la vie.
L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a souhaité que la mobilisation sociale pousse le gouvernement à "reconsidérer les choses". "J'espère qu'il y aura beaucoup de monde. Il y a un grand mécontentement dans la population, c'est une réforme injuste et pas efficace parce que ça ne règle pas du tout les problèmes financiers", a-t-il dit sur i>Télé.
Le chef de députés UMP, Jean-François Copé, a estimé que "faire passer le message qu'il va falloir travailler plus longtemps alors que pendant des années et des années on a dit qu'il fallait travailler moins, ce n'est pas facile".
"Ce n'est pas un match entre le gouvernement et les manifestants", a-t-il ajouté sur Canal+.
TRANSPORTS ET SERVICES PUBLICS PERTURBÉS
Selon le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, "la réforme est inéluctable". "On vit plus vieux et énoncer cela c'est énoncer une évidence qui appelle des réponses : le relèvement de l'âge des retraites", a-t-il dit sur LCI.
Les transports en commun et les services publics étaient perturbés jeudi par le mouvement de grève.
Environ quatre cheminots sur dix étaient en grève jeudi matin, selon la SNCF. Selon le décompte établi par l'entreprise ferroviaire, 39,8% des agents de la SNCF avaient cessé le travail à 11h00.
Les prévisions de trafic font état d'un TGV sur deux en moyenne en France et à l'international, comme pour les TER et les Transilien en heure de pointe.
A Paris, la RATP a fait état de la circulation de trois métros sur quatre en moyenne, tout comme sur le RER A. Elle ne prévoit en revanche qu'un train sur cinq sur la partie du RER B qu'elle gère.
Les perturbations doivent se prolonger jusqu'à vendredi matin.
Dans les écoles, un enseignant du primaire sur trois était en grève jeudi matin, selon le ministère de l'Education.
La moyenne pondérée sur l'ensemble des enseignants s'établit à 19,96% de grévistes, dont 31,87% dans le premier degré et 10,27% dans le secondaire.
La grève est très peu suivie dans les lycées, où se déroulent les épreuves du baccalauréat : 3,49% dans les établissement professionnels et 1,39% dans les lycées d'enseignement général et technologique.
(Jean-Baptiste Vey et Laure Bretton, édité par Yves Clarisse)






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