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Dépendance : le barème des aides aux personnes âgées au centre du débat
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Dans ses voeux aux acteurs du monde de la santé, aujourd'hui dans l'Indre, le président de la République doit aborder la question de la dépendance des personnes âgées, réforme phare annoncée pour la fin du quinquennat. La ministre en charge du dossier, Roselyne Bachelot, vient seulement de lancer une concertation qui doit durer six mois, mais le débat se focalise déjà sur l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).
Principale prestation à destination des personnes âgées dépendantes, en dehors des soins financés par l'assurance-maladie, l'APA coûtera 5,5 milliards d'euros cette année. Dans la majorité comme dans l'opposition, on plaide pour une réforme de cette prestation mise en place par le gouvernement Jospin il y a dix ans. « Il faut réformer l'APA pour aider les personnes qui en ont le plus besoin », résume le sénateur UMP Alain Vasselle, rapporteur d'une mission parlementaire sur la dépendance.
Une prestation modulable
La prestation est universelle -elle n'est pas soumise à conditions de ressources -mais elle est modulée en fonction de deux critères. D'abord le degré de dépendance : les personnes classées en GIR 1 -qui sont confinées au lit et nécessitent une présence continue -touchent le montant maximum. Il diminue progressivement jusqu'au GIR 4, qui correspond aux personnes qui peuvent se déplacer mais doivent être aidées (toilette, habillage).
L'APA est aussi modulée en fonction des revenus, par le biais d'un ticket modérateur déduit de la prestation. Si les revenus sont inférieurs à 696 euros par mois, aucune participation n'est demandée. Au-delà, la participation varie progressivement, jusqu'à 90 % du montant de l'aide. Les trois quarts des bénéficiaires s'acquittent d'un ticket modérateur. Le montant moyen de cette participation est assez faible - 88 euros par mois -mais il est beaucoup plus important pour les personnes les plus dépendantes -179 euros.
« Il faudrait réévaluer l'APA à destination des personnes classées en GIR 1 et 2, sans réduire pour autant les aides aux GIR 3 et 4, plaide Valérie Rosso-Debord, députée UMP, auteur d'un rapport sur la question. Il faudra donc un financement supplémentaire sans augmenter les prélèvements, ce qui suppose un redéploiement d'autres ressources. » Pour Alain Vasselle, il faut cibler les personnes aux revenus intermédiaires, trop aisées pourbénéficier de l'aide sociale et pas assez pour profiter des aides fiscales. « Il faudrait revoir les plafonds de ressources. Les personnes isolées atteintes de maladies neurodégénératives ne sont pas assez aidées », explique-t-il. « La grille actuelle ne tient pas assez compte des pathologies neurodégénératives. On peut être atteint d'Alzheimer et ne toucher aucune aide », abonde Janine Dujay-Blaret, qui représente l'association des « Aînés ruraux » à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.
Autre problème posé par l'APA, son financement croissant par les collectivités locales. A l'origine, la prestation était prise en charge à moitié par l'Etat et à moitié par les conseils généraux. Mais aujourd'hui, les départements prennent en charge les dépenses à plus de 70 %. Ce qui pose de graves problèmes financiers pour certains d'entre eux. « C'est un problème qu'il faut résoudre de façon urgente », estime Bernard Cazeau, président socialiste du Conseil général de la Dordogne.






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