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Le bloc-notes de Thierry Bogaty
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Craintes pour la retraite • Les milliardaires dans la tourmente • Des crédits relais à surveiller • De la marge pour les banques • L’incompétence parfois plus inquiétante que la malhonnêteté
• Craintes pour la retraite
Les Français demeurent majoritairement inquiets vis-à-vis de leur future retraite et la crise des marchés renforce ce sentiment. Ils sont près de 60% à dire leur crainte en ce début 2009, selon une enquête du Cercle des épargnants sur le sujet. Du coup, une large majorité aussi se déclare favorable au développement de systèmes d’épargne retraite collectifs et à des mesures d’incitation en faveur de l’épargne retraite individuelle. Et les futurs pensionnaires comptent également sur le cumul emploi-retraite pour s’assurer des revenus corrects après la cessation d’activité : seuls 16% des personnes interrogées dans ce sondage souhaitent qu’il soit interdit. Travailler plus longtemps, mais pour gagner vraiment plus.
• Les milliardaires dans la tourmente
L’édition 2009 du traditionnel classement des grandes fortunes du magazine américain Forbes est titrée «Billionaire Bust». Soit quelque chose entre coup dur et fiasco pour les milliardaires. Et, de fait, leur fortune a fondu de 4.400 à 2.400 milliards de dollars en un an. Il est vrai que le mouvement, qui traduit avant tout la baisse des cours boursiers, est amplifié par le nombre de ceux qui sont sortis du classement. On comptait 1.125 milliardaires début 2008, 332 de moins un an plus tard, provenant principalement de Russie, d’Inde et de Turquie. On comprend que ceux qui avaient récemment franchi la barre ou étaient majoritairement investis dans leur outil de travail pouvaient difficilement résister au mouvement. C’est plus étonnant pour ceux qui spéculaient et auraient dû être les mieux conseillés de la planète.
• Des crédits relais à surveiller
Parmi les sujets à traiter par les banques en ce moment figure celui des crédits relais. Déjà, au mois d’octobre 2008, les professionnels avaient pris l’engagement d’aider leurs clients ayant souscrit ce type d’emprunt s’ils venaient à rencontrer des difficultés liées à la situation des marchés. L’engagement n’a, semble-t-il, pas toujours été tenu. Et la crise s’est aggravée depuis. Selon la Fédération bancaire française, les dossiers de clients en difficulté resteraient, toutefois, peu nombreux : quelques centaines par réseau seulement. Raison de plus pour les traiter au cas par cas et avec bienveillance.
• De la marge pour les banques
Difficile de ne pas penser au prix du litre d’essence — plus rapide à augmenter avec le baril qu’à descendre quand l’or noir se calme — en voyant la faible décrue des taux des crédits immobiliers malgré la baisse des taux directeurs et des taux de marché. Certes, ils sont passés sous la barre des 5%, mais tout juste. Pas étonnant que les intentions de souscription d’un crédit immobilier soient au plus bas depuis dix ans. Moins de 5% des ménages interrogés déclarent vouloir en souscrire un, selon l’Observatoire des crédits aux ménages. Les craintes sur l’emploi ne sont pas seules responsables. Le coût du crédit aussi. Les banques ont encore de la marge.
• L’incompétence parfois plus inquiétante que la malhonnêteté
C’est donc le 16 juin prochain que l’on saura si Bernard Madoff finira sa vie en prison. Et l’enquête continuera pour tenter de retrouver les 65 milliards de dollars détournés (et non plus 50 comme évalué dans un premier temps) et rechercher d’éventuelles complicités ou négligences. Pour le bien de la finance, mieux vaudrait ne trouver que des gens malhonnêtes. Les voleurs existent depuis toujours et les gendarmes sont là pour les attraper. En revanche, que des incompétents aient pu opérer durant de si nombreuses années serait très inquiétant pour l’avenir du système.





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