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LA CHRONIQUE de Jacques Marseille. Les marchés boursiers vont repartir de l’avant, c’est l’histoire qui nous l’enseigne
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Chronique publiée dans le numéro d'Investir Magazine de février-mars 2009
Les historiens sont rarement sollicités pour donner des conseils de gestion de patrimoine. Sans doute à tort car l’observation du passé est souvent porteuse de messages de sagesse mais surtout d’audace. Ainsi, le 21 décembre 2006, constatant que rarement la Bourse en France avait augmenté plus de quatre années consécutives, j’avais émis le pronostic que l’année 2007 risquait d’être tourmentée et conseillé à mes lecteurs d’alors de «vendre tout».
En janvier 2008, je rappelais qu’en 1862, au lendemain de la terrible crise de 1857, Clément Juglar écrivait :
«Les symptômes qui précèdent les crises sont les signes d’une grande prospérité. Nous signalerons (…) la crédulité du public qui, à la vue d’un premier succès ne met plus rien en doute ; le goût du jeu en présence d’une hausse continue s’empare des imaginations avec le désir de devenir riche en peu de temps, comme dans une loterie. Un luxe croissant entraîne des dépenses excessives, basées non sur les revenus mais sur l’estimation nominale d’après les cours cotés.»
Une analyse des krachs qui n’a pas pris une ride et qui m’incitait à conseiller d’«attendre».
Que dire en ce début 2009, quand enfle une bulle dépressive qui fait dire à chaque «expert» que le pire est à venir ? Que l’histoire est en la circonstance le meilleur des antidépresseurs.
- Première leçon : sur longue durée, la Bourse est le meilleur des placements, à condition de savoir raison garder. Un portefeuille composé des 300 principales actions, caractérisées par une forte capitalisation boursière et un volume important de transactions, aurait enregistré de 1913 à nos jours une performance moyenne de 3,3% par an, dividendes réinvestis et inflation déduite. Une performance à comparer avec la croissance du PIB en volume (inflation déduite) qui a été, pour la même période, de 2,6%. Sur longue durée, la Bourse fait donc mieux que la croissance des richesses produites par le travail des hommes mais pas beaucoup plus. Une leçon de sagesse qu’auraient dû apprendre tous ceux qui pensaient que les arbres pouvaient croître jusqu’au ciel.
De 1987, date de fondation du Cac 40, à aujourd’hui, la hausse moyenne, inflation déduite mais dividendes non réinvestis, a été de 3,1%, une performance qui est donc légèrement inférieure à la pente historique. Une anomalie «dépressive» qui sera corrigée comme elle l’a toujours été. - Autre leçon de l’histoire. Un épargnant qui aurait constitué son patrimoine en or aurait vu la valeur de ce dernier, inflation déduite toujours, n’augmenter que de 5% sur… un siècle et être divisé par trois depuis 1980. Pour la même période, un épargnant — il y en a beaucoup — qui aurait investi en obligations (l’échantillon a été composé à partir d’une soixantaine de titres des secteurs publics et privés) aurait vu fondre son portefeuille de 60%. De 1983 à 2000 en revanche, un portefeuille moyen en obligations a vu son pouvoir d’achat multiplié par 4 alors que, dans le même temps, un portefeuille en actions a vu le sien multiplié par 10.
- Dernière leçon. Depuis 1970, le Cac 40, reconstitué pour la période antérieure à 1987, n’a jamais baissé plus de trois années d’affilée : il a baissé en 1970 et 1971, en 1973 et 1974, en 1976 et 1977, en 1981, en 1987, en 1990, en 1994 et 1995, en 2000, 2001 et 2002. Après sa performance tout juste positive de 2007 et son effondrement de 2008, on peut s’attendre à une reprise, peut-être en 2009, sûrement en 2010.
Autant de leçons qui montrent que, sur la longue durée, la main correctrice des marchés est celle qui châtie le mieux la cupidité des hommes et qui devrait inciter les êtres doués de raison à saisir dès maintenant les opportunités d’un marché boursier dont l’exagération baissière sera «historiquement» corrigée. Sans doute faut-il rappeler qu’un Français qui aurait investi en Bourse à la fin de 1931, l’année de plus forte baisse avant celle de 2008, aurait vu son patrimoine augmenter (inflation déduite) de 67% dans les neuf années qui ont suivi…





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