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L'ANALYSE de Patrick Augier. Retour à l’ordre pour les produits de taux
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Analyse publiée dans le numéro d'Investir Magazine de février-mars 2009
La baisse du taux du livret A, passé de 4% à 2,5% le 1er février dernier, et de ceux des autres supports d’épargne liquide, répercutant la décrue des taux d’intérêt à court terme, signe pour les épargnants la fin d’une période. Les différents placements de taux ont retrouvé leur place les uns par rapport aux autres en fonction de la hiérarchisation du couple rendement/risque. Les épargnants vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne, ou plutôt à ce retour à l’ordre. Offrant à la fois la sécurité et la performance, les produits de trésorerie ont bien joué, des mois durant, le rôle de refuge. Ils furent pour cette raison pratiquement sans concurrents, taillant même des croupières aux contrats et fonds d’assurance-vie en euros. Mais c’est terminé.
Selon la direction des études économiques du Crédit Agricole, les versements sur les supports d’épargne liquide auraient atteint, en 2008, 80 milliards (contre 61 milliards en 2007), soit 60% du total des placements des ménages. Un record. Avec, dans l’ordre, les livrets réglementés, qui ont recueilli 35 milliards d’euros dont 17 milliards pour le seul livret A, suivis par les placements à terme, avec 30 milliards, et par les OPCVM monétaires et les livrets fiscalisés, environ 8 milliards d’euros chacun.
La baisse du livret A tombe à pic pour les fonds en euros
Les contrats d’assurance-vie et fonds en euros ont bien résisté. Face à un livret A à 4%, ce n’était pas facile. Ils ont quand même recueilli 102,6 milliards d’euros, sensiblement le même niveau qu’en 2007. Mais les versements sur les unités de compte ont reculé de 42%. Et la collecte nette globale de l’assurance-vie, une fois déduites les sommes retirées par les assurés, a chuté de 47% par rapport à 2007. Historique !
Pour les assureurs, la baisse de la rémunération du livret A est tombée à pic. Juste au moment où les premières performances 2008 des fonds en euros commençaient à être rendues publiques, affichant des performances la plupart du temps supérieures à 4%.
De nouvelles formules en assurance-vie
Si les placements liquides — notamment les livrets — perdent de l’intérêt, ils gardent le mérite d’offrir un haut niveau de sécurité. Mais pour la performance, désormais, il faudra regarder ailleurs. Pas vers la Bourse ni vers l’immobilier. C’est trop tôt. Mais vers les obligations et, pour cela, en premier lieu vers l’assurance-vie. Vers les portefeuilles essentiellement obligataires des classiques fonds ou contrats en euros, sans doute, en tout cas des meilleurs. Mais surtout vers les nouvelles formules imaginées par les assureurs pour permettre à leurs clients de profiter des opportunités des marchés obligataires actuels.
Certains contrats multisupports offrent déjà la possibilité de souscrire une unité de compte reposant sur une obligation émise par une grande entreprise, avec un taux de rendement connu d’avance et, surtout, sensiblement supérieur à celui des meilleurs fonds en euros. Ce type d’offre reste rare, mais il devrait se développer. La formule pourrait d’ailleurs se perfectionner : certains assureurs projetteraient de loger dans leurs unités de compte non plus les titres d’un seul émetteur, mais un panier d’obligations de plusieurs émetteurs, offrant, en plus du rendement, la diversification du risque, le tout dans le cadre fiscal privilégié de l’assurance-vie. Il sera sans doute, dans les mois qui viennent, difficile de faire mieux.





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