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L'ANALYSE de Michel Lemosof. Repassez à l’action… avec modération
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Analyse parue dans le numéro de novembre 2008 d'Investir Magazine
Estimant que les actions étaient sous-valorisées, le patron d’une banque de gestion de fortune avait, l’an dernier, investi personnellement une cinquantaine de millions d’euros dans les marchés d’actions. On imagine son portefeuille aujourd’hui. Pourtant, quelques analystes ont dernièrement affirmé que les actions étaient chères, même après leur plongeon de 40%. En cause : le ralentissement de la croissance mondiale et un écrasement des profits des entreprises. «Nous nous attendons, déclare Keith Wade, chef économiste de Schroders, à une récession généralisée.»
Le marché européen, explique l’expert Jacques Chahine, «est valorisé à moins de 9 fois les profits attendus sur les douze prochains mois, tandis que le S&P 500 est à plus de 11 fois». Pour retrouver un rapport cours/bénéfice plus normal de 13 fois, il faut que les profits soient révisés à la baisse de plus de 30%, «ce qui ne s’est jamais vu». Il faut prendre du recul et admettre que le monde change.
Après la capitulation, la restructuration
économique et financière devrait déboucher sur une lente consolidation boursière
Le balancier des marchés repart toujours à la baisse après une hausse, et inversement. Le 13 octobre, le Cac 40 s’adjugeait 11,2% alors que le lundi d’avant il avait perdu 9%. Une fois n’est pas coutume : le Dow Jones s’est envolé dans le sillage de Paris (+11,1%), les Américains ayant été séduits par le plan de 1.700 milliards d’euros des Européens pour sauver leurs économies. Et le Nikkei a accentué la tendance (+ 14,2%). L’accélération de la glissade des cours a permis au marché de trouver un point d’équilibre pour rebondir, avant de reculer à nouveau, puis de remonter. Après la capitulation, la restructuration économique et financière devrait déboucher sur une lente consolidation boursière. La confiance part au galop et revient à pied.
«Si les marchés du crédit peuvent s’améliorer sur simple dissipation du risque systémique, les actions ont besoin d’un retournement favorable du cycle de croissance pour s’orienter résolument et durablement à la hausse», observe Joseph Alfonsi, économiste chez Cardif Asset Management. Selon lui, ce n’est pas pour tout de suite. «Nous pensons que la baisse des marchés actions est aujourd’hui excessive au regard des mesures prises et des valorisations atteintes», estime Jean-Marie Mercadal, responsable de l’allocation chez Ofi Asset Management. Ad Van Tiggelen, stratégiste chez ING Investment Management, réconcilie les points de vue : «Nous nous dirigeons vers une récession qui durera plus longtemps que la moyenne de dix mois constatée depuis la fin de la guerre. Mais elle ne sera pas assez forte pour provoquer une nouvelle chute des marchés financiers.»
En tablant sur un redressement du PIB mondial en 2010, il faut s’attendre à une embellie boursière en 2009, du fait de la fonction anticipatrice des marchés. Le calendrier n’est pas mal choisi pour passer à l’action, avec un horizon d’au moins trois ans, et ce d’autant moins que les marchés interbancaires vont retrouver leur mode de fonctionnement habituel. Le mieux serait d’investir par paliers, de façon à garder des réserves en cas de nouvelle désescalade. Beaucoup de fonds vont redevenir attrayants, à l’image de Carmignac Investissement, d’Entrepreneurs (FLInvest) ou de Centifolia Europe (DNCA Finance), de Moneta Multi Caps ou d’Aesope Actions Françaises.





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