|
|
|
|
|---|
L'ANALYSE de Michel Lemosof. Les actions cherchent un point d’appui
| 0 Commentaire(s) |
|
|---|
Analyse parue dans le numéro de février-mars 2009 d'Investir Magazine
Commencée avec l’affaire Kerviel et terminée avec le scandale Madoff, l’année 2008 restera un cauchemar pour les épargnants qui s’intéressent peu ou prou aux marchés financiers. Fin 2007, les stratégistes pronostiquaient que 2008 se déroulerait de façon symétrique à ce qu’ils avaient observé les douze mois précédents : un début boursier en baisse puis un second semestre en hausse. Il n’en fut rien. Jusqu’à la mi-juin, le repli a été de 21% pour le Cac 40 et, dans les six mois suivants, le recul s’est accentué : – 27,4%, avec un – 12,5% dévastateur en octobre. Au total, l’année s’est soldée par une chute de 42,7%.
La Bourse est-elle ce «temple des regrets au fond d’une vallée de larmes» qu’évoquent certains vieux boursiers ? Pour sa part, Patrick Leguil, président de la Société française des analystes financiers, emploie une belle formule : «Quand la Bourse est volatile, on perd des plumes !»
Pour l’heure, le pessimisme gagne du terrain. «L’Allemagne n’est parvenue à boucler qu’à hauteur de 5,2 milliards son appel au marché obligataire de 6 milliards d’euros, début janvier, relève un économiste. Quelques jours plus tard, l’augmentation de capital de deux établissements britanniques de renom, Lloyds TSB et HBOS, a viré au fiasco, avec des taux de souscription de 0,5% et de 0,24%. Outre-Atlantique, où la diminution des profits des entreprises est estimée à 12,5% en 2008, l’emploi se dégrade avec un retour quinze ans en arrière matérialisé par un taux de chômage au-delà de 7%.» Du côté des émergents, ajoutons les dépréciations de la devise chinoise, la fraude découverte en Inde (Satyam) et les problèmes de la Russie dans le secteur énergétique.
Tourner la page
La Bourse est une machine à produire des bulles et des krachs. Grosso modo, elle monte pendant une demi-décennie. Elle purge ses excès et sort de sa convalescence en trois ou quatre ans. «L’histoire financière se répète, souligne Marc Fiorentino, président d’Euroland Finance, surtout quand elle fait des erreurs.» Cela dit, il est temps de tourner la page. Une donnée a de quoi rasséréner : les cinq premières séances de Bourse d’une année donneraient le la du millésime. Cette fois, le cumul est de +3,3% pour le Cac 40. De quoi mieux augurer de l’avenir, même si la statistique est démentie une fois sur cinq. «Je ne pense pas que le Cac 40 puisse descendre sous les 2.600 points, analyse un spécialiste. Un tel niveau représenterait un multiple inférieur à 10 fois les bénéfices moyens de l’indice depuis dix ans. C’est un plancher solide qui, le cas échéant, ne devrait pas être durablement enfoncé.»
Inflexions de tendance
Si la croissance mondiale a été revue en baisse, avec une perspective d’un PIB en hausse de 2,2% en 2009, contre 3,7% en 2008 et 5% en 2007, il ne faut pas oublier que la Bourse ne fait pas que commettre des excès, accompagner des mouvements ou sanctionner une réalité : elle anticipe aussi des inflexions de tendance. Dans cette optique, 2009 et, a fortiori, 2010 ne s’annoncent pas trop mal. Les cours actuels constituent des points d’entrée pour une fraction de ses avoirs, avant d’y voir plus clair pour s’engager davantage. Ainsi que l’a écrit William Shakespeare dans Jules César, «suivre le flux et le reflux conduit à la fortune». C’est le moment de mettre un pied dans l’eau.





: