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L'ANALYSE de Michel Lemosof. Le moral des investisseurs s’améliore malgré tout
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Analyse parue dans le numéro de décembre 2008-janvier 2009 d'Investir Magazine
Les marchés ont-ils décidé de ne plus baisser ? En revenant à son niveau de juin 2003 quand le Cac 40 a clôturé sous la barre des 3.000 points, le 20 novembre dernier, le marché s’était une nouvelle fois fait peur. Il a rebondi deux jours après. Wall Street a clôturé le 21 en hausse de 6,5% et le sauvetage de Citigroup semble avoir mis du baume au cœur de ceux qui voyaient le système financier se retrouver dans l’incapacité d’irriguer les économies. Le 24 octobre, l’indice parisien était tombé à 2.959 points, avant de se hisser à 3.691 points le 4 novembre, soit une progression de 25%. L’exemple montre que le potentiel de réactivité est désormais d’autant plus fort que les cours sont bas (+10% dans la séance du 24 novembre).
«Nous ne pouvons pas exclure, observe toutefois un spécialiste de l’analyse graphique, de voir un Cac 40 à 2.700 points, voire à 2.400 points, son niveau de mars 2003.» Sous les 3.000 points, a fortiori vers 2.700 points, les acheteurs auraient à leur disposition un choix d’opportunités comme en propose très rarement l’histoire boursière.
Selon les données publiées par l’Acsel (Association pour le commerce et les services en ligne), le nombre des ordres de Bourse en ligne s’est envolé : +40% en un mois, à fin octobre, atteignant un total de 1,5 million d’opérations. Il faut remonter cinq ans en arrière pour remarquer un tel engouement. Selon Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors France, «une partie de la progression d’octobre est le fait d’investisseurs jusqu’alors peu actifs».
«Ceux qui s'effondrent et ceux qui réagissent»
Le constat, là encore, manifeste un indéniable raffermissement du moral des épargnants. Comme l’a écrit, dans un autre contexte, le célèbre dialoguiste Michel Audiard, «y a les vents contraires, la dégoulinante infernale, le pot-au-noir, la scoumoune ! Mais y a ceux qui s’effondrent et ceux qui réagissent».
Au demeurant, les experts de DNCA Finance soulignent que «les perspectives d’activité dans l’industrie manufacturière américaine se sont effondrées en octobre» et que «le taux de chômage américain, à 6,5%, atteint son plus haut niveau depuis 1994». Du côté de Natixis Asset Management, les illusions ne sont pas non plus de mise : «L’indice Ifo du climat des affaires allemand s’est replié à 85,8, juste au-dessus du niveau de février 1993. Les Allemands ont beaucoup plus de mal à exporter. Les ajustements sur l’emploi vont pénaliser la consommation. La situation est inextricable à court terme sans un plan de soutien de l’activité.» Les regards se tournent vers la Chine, qui a injecté 586 milliards de dollars pour soutenir son économie. Par ailleurs, la Banque Centrale Européenne a réduit son principal taux directeur de 1 point en deux fois, à 3,25% (contre 1% pour son homologue américain).
«La résolution de la crise sera laborieuse et lente», résume Jean-Pierre Petit, chef économiste chez Exane BNP Paribas. Heureusement, la Bourse anticipe. Si les Etats-Unis sortaient au second semestre 2009 du marasme dans lequel ils sont plongés, le calendrier du retour au risque — sans lequel il est impossible d’obtenir plus qu’avec le simple monétaire — est plutôt propice. A condition, comme le rappelle le patron d’une société de gestion, «d’être capable de supporter une éventuelle moins-value de 30% à un moment donné».





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