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Logements de luxe : Paris tirée par la clientèle étrangère
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La capitale est devenue la troisième ville la plus chère du monde, selon une étude de Barnes. La rareté du foncier et la faiblesse de l'euro attirent des nouveaux acheteurs étrangers venant des pays émergents comme le Brésil, la Russie et la Chine.
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L'année écoulée révèle que l'immobilier haut de gamme en France n'est pas à l'abri de la crise... sauf dans le très haut de gamme. Là où la clientèle est quasiment exclusivement étrangère, révélant un vrai clivage sur le marché des logements de luxe.
La clientèle aisée française -qui cible, en majorité, les grands appartements familiaux parisiens jusqu'à 3 millions d'euros -devient frileuse. « Les prix sont au plus haut, mais on anticipe une baisse et cela a entraîné un afflux de vendeurs, dont 60 % veulent racheter moins grand. Seuls les prix des biens de qualité restent stables, sachant que le moindre défaut entraîne une décote : ainsi, entre un premier et un troisième étage, aujourd'hui la décote atteint 30 % », témoigne Thibault de Saint Vincent, président du réseau Barnes. Autre facteur de vente : la réforme de la taxation des plus-values sur les cessions de résidences secondaires, qui entre en vigueur au 1er février.
Toutefois, « il y aura sur ce segment français des appartements familiaux nettement moins de transactions cette année », remarque toutefois Jean-Philippe Roux, directeur de John Taylor Paris. Les ventes deviennent moins faciles que par le passé. Les acheteurs sont moins enclins à accepter le prix de présentation, et la marge de négociation augmente. Ce segment pris de frilosité forme le gros des transactions : sur le marché parisien des biens supérieurs à un million d'euros, ceux compris entre 1 et 2,5 millions en ont représenté l'an dernier 88 %, selon les chiffres provisoires de la chambre des notaires.
L'année 2012 sera brésilienne
Le marché est en revanche nettement plus dynamique sur le très haut de gamme. « Sur les biens de 16.000 à 25.000 euros le mètre carré, voire plus, la demande reste importante et surtout, il y a pénurie d'offre de biens de qualité », poursuit Jean-Philippe Roux. Traduction : les non-résidents affluent. Car à partir de 5 millions d'euros, la majorité des clients sont étrangers et ils forment la quasi-totalité des acheteurs de biens de plus de 10 millions d'euros.
Dans l'immobilier de luxe, la capitale est de plus en plus prisée au niveau mondial. « Paris étant petit et sans foncier disponible, c'est un marché de rareté et la faiblesse de l'euro le rend encore plus attractif », commente maître Cheuvreux, notaire à Paris 8e. Selon le classement dressé par le réseau Barnes, la capitale est désormais la troisième ville la plus chère au monde derrière Londres et Hong Kong, quand elle n'était encore que sixième il y a quelques années. « Les prix, qui étaient traditionnellement 50 % moins chers que ceux de New York, sont devenus équivalents il y a un an et sont désormais de 20 % supérieurs », précise Thibaud de Saint Vincent.
Les nationalités des clients étrangers qui soutiennent ce marché évoluent. Avec une première tendance : l'année 2012 sera brésilienne. Grâce à la forte hausse du real face à l'euro, les Brésiliens arrivent en force, et cherchent des pied-à-terre de 150 à 250 m2, entre 16.000 et 17.000 euros le mètre carré. Autre nationalité ayant le vent en poupe : la famille russe, comprendre les Russes, les Ukrainiens et les Kazakhs, qui possédaient traditionnellement une résidence secondaire sur la Côte d'Azur et montent à Paris. « Nous avons cinq ou six recherches en cours de ce type de clientèle pour des biens de 15 à 25 millions d'euros pour 350 à 450 m2 », relève Jean-Philippe Roux. Egalement davantage présentes, les clientèles arabes (Arabie saoudite, Egypte, Maroc, Algérie...) cherchent des placements hors de leurs pays à la conjoncture politique incertaine.
Dernier phénomène tirant à la hausse le marché de l'immobilier de luxe à Paris : l'ouverture à Paris des palaces chinois, le Mandarin Oriental, le Shangrila, et celle programmée du Péninsula, suscitent l'arrivée des premiers clients de Chine populaire et de Hong Kong. « Une douzaine de clients chinois cherchent actuellement à investir à proximité », note Jean-Philippe Roux. Longtemps stable, la proportion d'étrangers sur le marché immobilier de luxe est donc appelée à s'accroître significativement cette année.






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