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Les constructeurs de maisons prévoient une année 2012 en pente douce
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Les ventes des constructeurs pourraient baisser de 10 % à 15 % cette année, après une baisse de 10 % en 2011. Ce recul est plus limité que celui des promoteurs. En revanche, les constructeurs s'alarment d'un décret paru le 29 décembre sur la surface habitable.
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Les ventes des constructeurs de maisons individuelles ont baissé de 10 % sur l'année écoulée et « nous anticipons un nouveau recul de l'ordre de 10 % à 15 % cette année », a indiqué hier Christian Louis-Victor, président de l'Union des maisons françaises (UMF). Mais les constructeurs avaient réalisé une excellente année 2010, et, avec ce recul somme toute limité, apparaissent mieux résister à la crise que les promoteurs. Ces derniers construisent généralement des maisons situées plus près des centres urbains et généralement plus onéreuses. La conjoncture détourne donc une partie de leur clientèle, désolvabilisée, et surtout les ventes des promoteurs ont pâti du coup de rabot du Scellier, la moitié d'entre elles bénéficiant du dispositif, alors que les constructeurs ne vendent pas en locatif et limitent donc la casse.
Avec 160.600 ventes (nettes des annulations) de maisons individuelles en 2010 et un peu moins de 144.000 ventes estimées en 2011, les constructeurs pèsent lourd dans le paysage des logements neufs : leurs maisons dites « en diffus » représentent les trois quarts des maisons construites en France, le solde étant constitué de maisons de promoteurs. Le secteur des maisons représente un peu plus de la moitié des logements neufs privés, les constructeurs construisent donc 40 % de l'ensemble des logements privés.
« Coup de Jarnac »
Autant dire qu'en cette période préélectorale, l'UMF pourrait se targuer d'une certaine influence... Pourtant, aujourd'hui elle ne décolère pas des conséquences du décret paru le 29 décembre sur le nouveau calcul des surfaces habitables. Ce décret visait à exclure l'épaisseur des murs de la surface habitable autorisée, afin de gagner jusqu'à 10 % d'espace. Problème : le calcul de « l'emprise au sol » (la surface occupée au sol) a également été modifié : « il faut aujourd'hui y inclure les garages y compris en sous-sol, les terrasses couvertes, les débords de toitures, etc. », s'insurge Patrick Vandromme, le PDG de Maisons France Confort. Résultat : alors que jusqu'à présent seules 10 % des 7.000 maisons qu'il vend en moyenne par an dépassent les 170 m2 d'emprise au sol et nécessitaient donc le recours à un architecte (obligatoire au-delà de ce seuil), « avec ce nouveau mode de calcul, je vais probablement devoir recourir à un architecte pour 30 % ou 40 % des ventes, avec ce que cela implique d'engorgement des cabinets et de retards dans les dépôts de demandes de permis, sans compter 2.000 euros d'honoraires par vente »...
L'UMF jure qu'il s'agit d'un « coup de Jarnac » du lobby des architectes, ajouté par surprise au dernier moment. Ce que le secrétariat d'Etat au Logement dément. « Le projet de décret n'a jamais varié et a été mis en ligne pour consultation en octobre 2011, sans aucune remarque de l'UMF », assure-t-on au cabinet de Benoist Apparu. Des remarques, l'UMF, qui se réveille apparemment un peu tard, en a maintenant. « Nous avons envoyé un courrier à François Fillon, le ministre de l'Environnement et le secrétaire d'Etat au Logement pour leur exposer ce problème majeur pour notre profession », indique Christian Louis-Victor.






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