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Taxe financière : divisions, y compris dans la zone euro
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Le débat des ministres des Finances de l'Union européenne a montré que la taxe sur les transactions financières souhaitée par Paris et Berlin divise les capitales. Même au sein de la zone euro, on est loin du consensus.
Les ministres des Finances des 27 pays de la zone euro ont pour la première fois pris position hier sur la proposition de Bruxelles de créer une taxe sur les transactions financières, sans attendre un consensus mondial. Une taxe qui, selon la Commission, pourrait rapporter quelque 57 milliards d'euros par an si elle s'appliquait à la quasi-totalité des transactions à un taux très faible de 0,1 %. Dans le camp du « oui », la France et l'Allemagne, qui ont milité la semaine dernière au G20 à Cannes pour cette taxe, ont été suivis par l'Espagne, la Belgique, l'Autriche et la Finlande. Le camp du « non » est mené par la Grande Bretagne, la Pologne et la Suède. Mais le premier débat sur le thème a surtout montré que le camp des indécis était majoritaire, certains, comme l'Italie, s'y déclarant plutôt favorable mais s'inquiétant de ses conséquences sur le marché des titres souverains... tandis que d'autres y sont plutôt opposés, tout en se disant prêts à changer leur fusil d'épaule s'ils étaient sûrs qu'une telle taxe n'entraînerait pas une forte délocalisation des activités financières.
Ainsi, l'Europe a beau mener le débat depuis des années sur cette question, la première discussion officielle sur le sujet a montré hier qu'il n'y avait en Europe finalement guère plus de consensus qu'au niveau du G20 pour une telle taxe. Tout en rappelant que les questions fiscales doivent en Europe être adoptées à l'unanimité, le ministre polonais des Finances, Jan Rostowski, a fait part de « fortes divergences non seulement entre les Vingt-Sept, mais aussi entre les pays membres de la zone euro ». Ainsi, le Danemark, qui n'est pas dans l'euro, s'est déclaré pour une telle imposition du secteur financier, quand le Luxembourg, membre de l'euro, est très méfiant. Les Pays-Bas, a priori plutôt hostiles à ces « financements innovants », se sont de leur côté déclarés « neutres », dans l'attente d'une étude d'impact sur leur économie nationale. Sans surprise, le ministre britannique George Osborne a plaidé pour l'abandon immédiat des discussions, en rappelant à ses collègues, qu'ils avaient des choses plus urgentes que de discuter d'une taxe dénuée de toute chance d'aboutir quand il y avait le feu à la maison euro. Selon lui, le projet de Bruxelles coûtera 3,5 % au PIB européen, entraînera une délocalisation de 17 à 19 % du secteur financier et la perte de 500.000 emplois. A l'opposé, le ministre allemand Wolfgang Schäuble a souligné que, faute de consensus mondial, il fallait bien commencer et, pourquoi pas, au sein de la seule zone euro. Pas découragé, le commissaire européen à la Fiscalité, Algirdas Semeta, a invité chacun à laisser de côté ses préjugés pour étudier à fond la proposition de la Commission. Il a corrigé George Osborne, évoquant un impact de seulement 0,53 % sur le PIB à long terme. A priori, il est difficile de croire que la taxe verra le jour en 2014, comme le réclame Bruxelles. Le débat n'est pas clos, un groupe de travail intergouvernemental va être monté pour approfondir les travaux techniques. « Nous nous sommes entendus pour déterminer rapidement, au printemps, si [cette taxe] avait un avenir », a précisé Wolfgang Schäuble.
BUREAU DE BRUXELLES
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