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Pourquoi le troisième plan de rigueur attendra juin
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Pour Matignon, la mise sous surveillance de S&P est d'abord un « avertissement collectif» à la zone euro. Un troisième plan de rigueur est exclu avant l'été.
A crise européenne, solution européenne. Au lendemain de la mise sous surveillance négative par Standard & Poor's de quinze Etats européens dont la France, le gouvernement a martelé que le message de l'agence s'adressait d'abord collectivement à la zone euro, insistant sur l'accord franco-allemand élaboré lundi - non pris en compte par S&P -qui sera soumis au Conseil européen de vendredi. « Ce que nous dit cette agence est clair : pour les investisseurs, la zone euro et l'Europe ont besoin d'un cadre politique rigoureux, structuré, efficace, capable sur le moyen et long terme de tenir ses engagements », a indiqué François Fillon.
Mais sous la menace d'une dégradation de deux crans de sa note (contre un cran pour les cinq autres pays AAA), Paris est particulièrement dans le collimateur. Pour preuve, le triple A français sera le seul à être évalué à l'aune de quatre critères, dont celui budgétaire (non retenu pour l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas). « Les mesures budgétaires annoncées par le gouvernement français pourraient ne pas suffire pour atteindre l'objectif d'un déficit de 4,5 % l'année prochaine », met en garde S&P. L'agence mise sur une croissance de 0,5 % (contre 1 % pourBercy) et un déficit à 4,8 % du PIB.
Mettre fin à la crise de confiance
« Nos engagements budgétaires sont intangibles et le gouvernement fera tout pour les respecter, a rétorqué le Premier ministre devant les députés. Et si l'hypothèse de croissance est jugée trop optimiste par les économistes,le gouvernement rappelle qu'il a mis en place une réserve de 6 milliards d'euros de crédits budgétaires « ce qui correspond très exactement à la différence entre notre prévision et celle aujourd'hui de la plupart des instituts ».
François Fillon l'a confirmé hier soir sur France 2 : « Il n'y aura pas de troisième plan de rigueur. . La priorité est de mettre fin au plus vite à la crise de confiance dans la zone euro. « La France a réagi chaque fois que c'était nécessaire, à deux reprises, quand la croissance a fléchi, mais là encore il faut être raisonnable et garder son sang-froid »,estime Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, excluant d'autres mesures « dans l'immédiat ». D'autant que celles-ci ne changeraient sans doute rien à la décision de Standard & Poor's, qui s'annonce rapide.
« Si d'autres mesures doivent être prises, le gouvernement les prendra, a ajouté François Fillon. Mais nous ne les prendrons pas sur la foi de prévisions de croissance », seulement éventuellement « quand on connaîtra la réalité de la croissance du premier trimestre 2012 », voire celle du deuxième. Ce qui renvoie l'échéance après la présidentielle, au plus tôt en juin. Cette stratégie a les faveurs de plusieurs économistes. « Si des mesures supplémentaires semblent inévitables, mieux vaut attendre de voir où en sera la situation économique mi-2012 », estime Bruno Cavalier, chez Oddo Securities. Chez Natixis, Jean-Christophe Caffet juge qu'« il serait contreproductif de rajouter de la rigueur à la rigueur en pleine phase de ralentissement dont on ignore encore l'ampleur ». L'idée d'un troisième plan rapide n'a pas non plus les faveurs de la gauche. « La France devrait d'ores et déjà reprendre les allégements fiscaux qui ont été consentis aux plus favorisés », a néanmoins déclaré, hier, François Hollande.
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