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Le durcissement de la fiscalité de l'épargne est très critiqué
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Le relèvement de 2 points des revenus du capital aura de nombreuses conséquences : sur les placements en actions comme sur les spécialistes de l'épargne longue.
Il n'y a dans ce pays aucune pensée globale de l'épargne, de sa fiscalité et de son orientation », déplore Pierre de Lauzun, le délégué général de l'Association des marchés financiers. C'est un euphémisme : le durcissement de la taxation des revenus du patrimoine n'a pas soulevé l'enthousiasme des professionnels. Nicolas Sarkozy l'a annoncé dimanche soir, la CSG sur les revenus du capital sera relevée de 2 points à partir du 1er juillet. Elle passera de 8,2 % à 10,2 %, ce qui portera l'ensemble des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et des placements à 15,5 %.
Cette mesure doit rapporter 2,6 milliards d'euros à la Sécurité sociale. C'est autant de moins dans les poches des épargnants, qu'ils soient détenteurs d'actions, d'obligations ou de biens immobiliers. Cela « touchera tous les patrimoines », a critiqué hier François Hollande, « quelle que soit l'importance des placements ».
La mesure va sans doute favoriser les livrets défiscalisés, comme le Livret A, qui ne sont pas assujettis à la CSG. « Les épargnants ont désormais un choix cornélien : opter pour le Livret A, très liquide, mais avec un rendement très faible compte tenu de l'inflation. Ou bien obtenir un peu plus de rendement, mais alors subir une taxation plus lourde », relève Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.
Plus généralement, c'est l'appétit pour les placements en actions, déjà pénalisé par les turbulences de la Bourse, qui risque d'en souffrir. Et, donc, le financement de l'économie. « Cette instabilité fiscale ne peut qu'irriter les épargnants, et risque de les décourager à alimenter leurs contrats d'assurance-vie, à une période où ce placement connaît une évolution plus défavorable », analyse Jean-Paul Jacamon, président de l'association d'assurés Gaipare.
« On favorise encore une fois l'épargne courte au détriment de l'investissement en actions, autrement dit l'investissement dans la propriété des entreprises. D'autant que le relèvement de la CSG sur les revenus du capital se double d'une taxe sur les transactions boursières », souligne Pierre de Lauzun.
« Au profit des acteurs publics »
Les spécialistes français de la gestion de l'épargne longue en subiront aussi les conséquences. « C'est un nouveau coup pour la gestion collective française, cela ne peut que renforcer le mouvement de décollecte. Il y a un danger non nul de fuite vers l'étranger », note Pierre de Lauzun.
« En favorisant les livrets défiscalisés, on affaiblit les intermédiaires privés dans l'épargne au profit des acteurs publics, conclut Philippe Crevel. Cela se retrouve dans les propositions des candidats à l'élection présidentielle : qu'il s'agisse d'augmenter le plafond du Livret A, chez François Hollande, ou de créer une banque d'investissement dans l'industrie, chez Nicolas Sarkozy. »

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