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La TVA majorée aura un fort impact sur le prix du tabac
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La hausse de 1,6 % de la TVA conduirait mécaniquement à un bond du prix des cigarettes. Sauf si le gouvernement baisse les droits sur le tabac. Bercy avait déjà annoncé une hausse des prix de 6 % dans le courant de l'année.
Les industriels et les buralistes montent au créneau. Ils affirment que la hausse de 1,6 point de la TVA se traduira, si elle est appliquée mécaniquement, par une augmentation d'au moins 10 % du paquet de cigarettes, ce qui veut dire que les marques les moins chères, comme Lucky Strike, seraient proposées à 6,27 euros, tandis que la plus vendue, Marlboro, passerait à 6,82 euros. Cet effet démultiplicateur de la revalorisation de la TVA s'explique par le mode de calcul du prix public du tabac. Si la fiscalité augmente (elle représente près de 90 % du prix, en comptant la remise du buraliste), le fabricant, pour maintenir sa marge, doit relever beaucoup plus fortement le prix de vente (le rapport va de 1 à 10). Sauf si l'Etat accepte de diminuer d'autant les droits de consommation, comme il l'avait fait en 1995 (hausse de la TVA de 2 points). D'où le lobbying des professionnels.
« Le sujet est en cours d'arbitrage, indique-t-on à Bercy. Il y aura une hausse des prix des cigarettes, mais le niveau n'est pas tranché. » Et le gouvernement de rappeler qu'il avait déjà annoncé qu'une hausse de 6 % surviendrait en cours d'année. « La hausse de la TVA est la meilleure manière d'accélérer le commerce parallèle », s'insurge le patron de la Confédération nationale des buralistes, Pascal Montredon. « Dans la situation actuelle de pouvoir d'achat réduit, une telle hausse ne peut que relancer les arrivages de cigarettes de contrebande. A prix cassé, elles risquent de développer la consommation de nouvelles populations », souligne Yves Trevilly, porte-parole du groupe British American Tobacco. Suite à la précédente hausse de prix de 6 % en octobre, les ventes de cigarettes ont reculé en volume de 5,1 % au dernier trimestre, soulignent les fabricants, pour qui l'Etat lui-même serait perdant en cas de chute du marché.

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