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Fraude fiscale : Bercy durcit les sanctions
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Définitivement adopté, le budget correctif pour 2012 renforce l'arsenal anti-fraude de l'Etat. Les sanctions encourues sont désormais beaucoup plus lourdes. Les détails des nouvelles dispositions.
Hasard du calendrier : le jour où la Cour des comptes dénonçait la faiblesse des contrôles fiscaux pour les contribuables les plus fortunés, Bercy annonçait de nouveaux renforcements dans son arsenal anti-fraude. Ces nouvelles mesures, définitivement entérinées fin février à l'Assemblée Nationale -viennent alourdir les sanctions encourues par les fraudeurs. Pour rappel, fin 2011, le gouvernement avait déjà adopté renforcé son dispositif par un allongement de trois à dix ans du délai de prescription en matière fiscale. Nos explications.
1/ Traque des comptes à l'étranger
Auparavant. Les particuliers domiciliés en France sont tenus de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus, les références des comptes « ouverts, utilisés ou clos à l'étranger ». Mais les sanctions restent d'un montant bien trop « modeste » aux yeux du gouvernement « au regard des enjeux en cause pour certains contribuables ». Les pénalités (hors redressement), dans l'état actuel des textes sont de 1.500 euros ou 10.000 euros par compte non déclaré situé dans un Etat « non coopératif » (paradis fiscal). Ces zones « non coopératives » vont de plus devenir plus rares (en raison de la conclusions d'accord avec la France), ce qui rendra la sanction à 10.000 euros encore plus rare.
A partir de maintenant. Il s'agirait de rendre la sanction proportionnelle au montant présent sur le ou les comptes. Pour un montant total non déclarés supérieur ou égal à 50.000 euros, l'amende (par compte non déclaré) serait de 5 % du solde de ce compte où que se situe le ou les comptes en cause. Cette amende par compte ne pourra être inférieure à 1.500 euros (Etat coopératif) ou 10.000 euros (non coopératif). Cette disposition serait applicable aux déclarations devant être remplies à compter de l'entrée en vigueur de la mesure.
Les contrats d'assurance-vie visée aussi Le nouveau régime de sanction est aussi valable en cas de défaut de déclaration d'un contrat d'assurance-vie souscrit à l'étranger. La sanction est de 1.500 euros par contrat non déclaré ou de 10.000 euros (contrat dans un Etat non coopératif). Si le total de la valeur du ou des contrats dépasse 50.000 euros (au 31 décembre de l'année pour laquelle la déclaration est faite), la pénalité est alors de 5 % de la valeur de chaque contrat (avec un minimum de 1.500 euros ou de 10.000 euros selon les cas). Cela est valable pour pour les déclarations à remplir à partir de 2013.2/ Des sanctions pénales bien plus lourdes
Auparavant. Dans le texte du projet de loi, Bercy précise que l'administration fiscale dépose environ mille plaintes pour fraude fiscale par an « dans des affaires très frauduleuses ». Il s'agit de fraudes pour lesquelles les sanctions administratives sont considérées comme insuffisantes. Or, les sanctions pénales effectivement appliquées paraissent elles aussi trop légères aux yeux de Bercy : généralement six mois de prison (en majorité avec sursis) et une amende d'un montant (médian) de seulement 5.000 euros. Ces sanctions sont encore loin des maximums prévus par la loi en cas de fraude fiscale, à savoir cinq ans d'emprisonnement et 37.500 euros d'amende (jusqu'à 75.000 euros dans certaines circonstances aggravantes).
A partir de maintenant. Le gouvernement propose de changer l'échelle des sanctions. Dans le projet de loi, l'amende pénale est portée de 37.500 euros à 500.000 euros. En cas de circonstances aggravantes, le montant passe de 75.000 euros à 750. 000 euros. Une troisième innovation vise les montages internationaux : si la fraude a été « réalisée ou facilitée » via une banque établie dans un Etat « non coopératif », la sanction monte alors à 1 million d'euros, et la peine d'emprisonnement de cinq à sept ans.
3/ En cas de manquement grave
En cours d'examen au Parlement, le texte de Bercy a été complété, pour rendre plus sévères les sanctions en cas de « manquements graves » en matière d'impôt sur le revenu et d'ISF. La mesure vise le défaut, le retard ou l'insuffisance de déclaration, ainsi que l'opposition au contrôle de l'impôt. Le texte prévoit que les contribuables concernés ne pourraient pas obtenir de réduction ou d'avantage fiscal (ou imputer de déficit) sur la part d'impôt supplémentaire à payer sur la partie des revenus ou du patrimoine qu'ils n'auraient pas déclaré spontanément.

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