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Salaires : la prudence regagne du terrain
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Selon une étude du cabinet Mercer, menée avant l'été puis à la rentrée, la crise estivale des marchés incite les entreprises à revoir leurs prévisions de hausse des salaires en 2012, qui repasserait de 3 % à 2,5 %.
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Les salariés, qui espéraient un retour dès 2012 à des niveaux d'augmentation salariale comparables à ceux d'avant-crise, risquent de déchanter. Une enquête menée en France par le cabinet Mercer auprès de très grandes entreprises et de leurs filiales montre que la crise estivale des marchés, doublée d'une crainte de rechute durable de l'économie, amène les employeurs à revoir à la baisse leurs ambitions.
L‘intérêt de l'étude Mercer réside dans le fait qu'elle ait été menée en deux temps. La première vague de l'enquête, réalisée de mars à juillet derniers, laissait apparaître des prévisions de hausse des enveloppes salariales de l'ordre de 3 %, un niveau comparable à ceux d'avant 2008 et en phase avec les conclusions d'autres études menées à la même époque, comme celle du cabinet AON Hewitt (« Les Echos » du 7 septembre). Mais au vu de la crise des marchés en août, Mercer a réinterrogé, à la rentrée, son panel d'entreprises. La nouvelle réponse est nette : 81 % indiquent désormais que les tendances économiques incertaines vont les pousser à revoir leurs plans.
Près des trois quarts des entreprises jugent qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur l'impact chiffré de ces révisions, mais celles qui s'y aventurent évoquent, en moyenne, une réduction de l'ordre de 0,5 point. Un tassement qui ramènerait vers des prévisions d'augmentation salariale de l'ordre de 2,5 %, soit le niveau constaté en 2011 par Mercer. Avec une prévision d'inflation à 1,7 % l'an prochain, le pouvoir d'achat continuerait malgré tout de progresser.
« Il y a un regain de prudence, mais pas de signes de panique », analyse Bruno Rocquemont, responsable des enquêtes de rémunération chez Mercer France. Pour preuve, à peine 2 % des entreprises sondées envisagent de geler les salaires en 2012, un niveau moindre que celui constaté cette année (entre 4 % et 7 % de gel selon les catégories de salariés, avec les ouvriers et les cadres dirigeants touchés en priorité).
Selon Bruno Rocquemont, les entreprises devraient aussi s'adapter aux nouvelles incertitudes économiques en « développant une approche plus globale de la rémunération dans les négociations annuelles obligatoires ». Il s'agit de mettre en avant les efforts en termes de participation et d'intéressement, de Perco (épargne retraite) ou encore de prise en charge d'une part de la hausse du coût des mutuelles, induite par le plan antidéficit présenté fin août par le gouvernement.
Pour le reste, l'étude confirme, selon Mercer, la tendance à l'individualisation croissante du salaire des cadres, avec la quasi-disparition des augmentations générales pour cette catégorie. « La guerre des talents est là. Les entreprises ne doivent pas hésiter à être sélectives pour vraiment récompenser au mérite et fidéliser leurs meilleurs éléments, y compris chez les non-cadres », conclut Bruno Rocquemont.

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