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Prime dividende : les entreprises en rangs dispersés
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Les entreprises de plus de 50 salariés ayant versé des dividendes en hausse avaient jusqu'à lundi pour fixer le niveau de la prime, souvent très éloigné des 1.000 euros.
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Le premier millésime de la « Sarkozette » ne fera pas date. Les 1.200 euros versés par Hermès à chacun de ses salariés font figure d'exception. La plupart du temps, la prime dividende, obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés ayant versé en cette année des dividendes en augmentation par rapport à la moyenne des deux années précédentes, sera restée très en-deçà des 1.000 euros imprudemment avancés par le ministre de l'Economie, François Baroin, lors de sa création. Et cette prime n'aura qu'exceptionnellement été le résultat de la négociation avec les syndicats imposée par la loi, qui aura laissé place le plus souvent à une décision unilatérale de l'employeur. Cette première édition de prime sur les dividendes aura aussi été marquée par beaucoup d'incertitudes juridiques et le risque d'un développement du contentieux du fait des nombreuses imprécisions de la loi est important, notamment concernant l'interdiction de la substituer à des hausses salariales. Il reste que, depuis lundi, toutes les entreprises concernées doivent avoir bouclé le dossier. L'heure est donc au palmarès.
Une place à part
En la matière, Securitas occupe une place à part, tout en bas de la liste, avec sa « prime de la déprime », comme l'appelle l'Unsa. Soulignant avoir fait seulement 150.000 euros de bénéfices, soit 7,50 euros par salarié, le groupe avait défrayé la chronique en démarrant ses discussions à 3,50 euros de prime. « Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût », avait alors jugé le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Mais la loi ne fixe aucun montant minimal, ni d'ailleurs aucune règle de répartition entre les salariés et Securitas a fini par accorder 8 euros. C'est un cas d'école, assez isolé.
Après avoir sondé une quarantaine de DRH, parmi lesquels 27 % s'estiment concernés par l'obligation de verser une prime, Sylvain Niel, président du Cercle des DRH et avocat social chez Fidal, estime que les montants « varient plutôt de 250 à 700 euros par salarié ». L'échelle démarre en fait même un peu plus bas chez certains. La prime est de 100 euros par salarié chez AXA, 110 euros pour Groupama, 150 euros pour Carrefour, STMicroelectronics ou encore Renault, 200 euros pour Danone ou la Société Générale, 350 euros pour Publicis ou CNP. Avec 500 euros, Safran et la GMF sont dans la fourchette haute, derrière les 600 euros de Sanofi et les 690 euros de BNP Paribas (et non 590 euros comme indiqué par erreur précédemment , NDLR).
La majorité des entreprises ont préféré forfaitiser leur prime. Mais certaines ont choisi de la différencier en fonction du salaire. Ipsos, qui avait démarré ses négociations sur 24 euros, avec grève à la clef, a fini entre 100 et 300 euros, selon le salaire et le temps de présence dans l'entreprise, les bas revenus touchant les primes les plus élevées. Même mécanique chez Capgemini, avec 150 euros en deçà de 30.000 euros de salaire annuel et 50 euros au-delà. En revanche, chez Michelin, la prime varie dans le même sens que le salaire, dans un éventail de 500 euros à 1.200 euros.
Supplément d'intéressement
Plutôt que du salaire, justement, certains employeurs ont préféré opter, comme le permet la loi, pour un supplément d'intéressement ou de participation. C'est cette forme qu'ont prise les 600 euros octroyés aux salariés français de Rhodia. C'est aussi comme cela que L'Oréal a attribué entre 450 euros et 765 euros par salarié. PSA a annoncé pour sa part avoir « revalorisé l'accord d'intéressement qui sera versé en 2012 et 2013, par un avenant signé en juin dernier » et avoir « distribué 25 millions d'euros d'intéressement en plus cette année par rapport à ce qui était initialement prévu ». Schneider Electric a utilisé les deux voies offertes par la loi, avec une prime monétaire de 200 euros pour tous, abondée de 50 % en cas de placement dans le plan d'actionnariat d'entreprise.
Les salariés d'Alstom comme ceux du groupe BPCE ou encore de Total appartiennent, eux, à des entreprises qui n'ont pas été concernées par l'obligation légale : un employeur trop jeune (moins de trois ans d'existence) ou n'ayant pas augmenté les dividendes versés. Les salariés orphelins de la prime Sarkozy sont en effet nombreux. La Fédération de la métallurgie CFDT a fait sa petite enquête et elle n'a ainsi recensé que de 60 à 70 entreprises concernées sur 500 dans son secteur. Le ministère du Travail, qui tablait initialement sur 4 millions de salariés bénéficiaires, n'a pas donné de chiffre global pour l'instant.

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