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La Fiac : le baromètre du marché de l'art contemporain
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Avec 168 galeries au Grand Palais, la Fiac n'a jamais été aussi internationale. Avec la crise, les prix sont décisifs pour emporter la décision d'achat.
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Alors que, miraculeusement pour l'instant, l'art contemporain n'a pas été sévèrement frappé par la crise qui touche l'économie mondiale, une condition est désormais absolument nécessaire pour l'emporter dans le domaine : le juste prix. « Il existe un problème de concordance de prix entre l'offre et la demande. D'un côté, les vendeurs veulent toujours céder leurs pièces à des prix élevés, tandis que les acheteurs, eux, sont beaucoup plus sévères sur les tarifs », remarquait le marchand anglais Bernard Jacobson, la semaine dernière à Londres, pendant la foire Frieze.
Le juste prix
Il donne l'exemple du célèbre artiste expressionniste abstrait américain, Robert Motherwell, auquel il consacre une exposition dans sa galerie, en 100 dessins jusqu'au 26 novembre (1). « Nous avons déjà vendu en quelques jours 50 dessins entre 10.000 et 300.000 dollars. En revanche, Phillips, le 12 octobre, proposait une petite toile avec une estimation trop élevée, 230.000 dollars. Elle n'a pas été vendue. » Matthew Drutt de la Lisson Gallery de Londres, qui participe à la Fiac, se montre tout aussi prudent : « Il existe beaucoup d'intérêts. Les clients demandent de réserver des oeuvres. Mais ils mettent longtemps avant de se décider à acheter. Ils sont très au fait des prix. » Sur son stand plusieurs pièces de Daniel Buren, mais aussi une sculpture abstraite d'Anish Kapoor. La pièce ronde brillante et concave de couleur rouge joue avec l'illusion de profondeur. Elle est à vendre pour 650.000 livres. On la retrouve en vert foncé et au même prix sur le stand de la galerie italienne Continua et encore, dans une autre version carmin sur le stand du français Kamel Mennour, à 500.000 livres. Kapoor, qui s'est fait connaître par ses grandes installations spectaculaires comme avec « Leviathan » au Grand Palais à Paris au printemps dernier, a développé une production plus modeste, plus décorative et plus bourgeoise, qui est devenue un must de la consommation d'art chez les collectionneurs actuels.
Une forte demande pour les pièces classiques
Il faut dire que face à l'incertitude de la conjoncture, certains marchands ont décidé d'apporter à Paris des noms connus, voire des valeurs sûres. Sur le stand de la galerie suisse Gmurzynska par exemple, on trouve entre autres des oeuvres des années 1950 de Robert Indiana (né en 1928), une peinture surréaliste de Juan Miro (1893-1983) à vendre pour 1,5 million d'euros et un de ses assemblages, daté de 1973, constitué sur un fond de tapisserie, de cordages, de peintures et de tissus, au prix de 2,5 millions d'euros. L'oeuvre fascinante d'un point de vue de l'histoire de l'art a appartenu un temps aux collections du MoMa de New York. « La demande est forte pour les pièces classiques de l'art moderne », remarque le directeur de la galerie, Mathias Rastorfer. « Et pour répondre à cette tendance, la foire Frieze de Londres crée l'année prochaine, près de sa foire contemporaine, dans une tente voisine "Frieze Master" composé de marchands de tableaux modernes et anciens. »
La galerie Tornabuoni, installée entre autres à Paris, expose pas moins de cinq oeuvres du peintre italien contemporain parmi les plus coté, Lucio Fontana (1899-1968). En 2008, une de ses peintures a été adjugée pour le prix record de 12,2 millions d'euros. L'artiste provocateur est connu pour ses toiles monochromes fendues dans la longueur et baptisées « Concetto Spaziale ». Cinq de ce type sont à vendre entre 1 million et 6 millions d'euros sur son stand. Michele Casamonti, le directeur, observe que depuis 2003 la cote de Fontana a doublé. Cependant, il remarque encore que de manière assez irrationnelle les monochromes blanc ou rouge se vendent pour des prix qui peuvent être doubles par rapport aux autres couleurs comme le vert ou le noir.
Du pop art abordable
Dans une gamme de prix plus basse, le marchand anglais David Juda expose à la Fiac une peinture d'une des légendes du pop art international, David Hockney (né en 1937). Il s'agit d'une toile récente (2009) qui montre un arbre abattu. Hockney est connu pour ses représentations mythiques de la Californie avec ses piscines si bleues, ses beaux jeunes hommes et ses maisons design. Mais désormais, il vit dans la campagne anglaise... La toile bucolique est à vendre pour 675.000 euros.
Généralement les foires qui ont le plus de succès sont celles qui résument dans une unité de lieu les tendances internationales de l'art contemporain. Le cru 2011 de la Fiac, avec ses 21 pays représentés, obéit à cet objectif. Elle répond aussi à la demande d'oeuvres considérées comme « haut de gamme », donc chères. Le marché de l'art n'est jamais aussi élitiste qu'en temps de crise.
A lire aussi, notre dossier: La Fiac, une vitrine en or pour l'art contemporain
Notre dossier spécial lesechos.fr/fiac2011

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