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Maxime Chipoy : «Seule la loi peut faire entendre raison aux banques» sur les tarifs
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Le premier rapport de l'Observatoire des tarifs bancaires publié lundi 21 novembre fait apparaître des hausses de 1 % à 2 % en dix-huit mois. Cependant, souligne Maxime Chipoy, chargé de mission banque-assurance à l'UFC-Que choisir, le prix des services qui permettent aux consommateur d'accéder à leur argent, comme les cartes bancaires ou les retraits au distributeur, a augmenté plus vite que l'inflation.
Non, au contraire. Les diminutions tarifaires qui apparaissent dans ce rapport ne concernent que des services peu utilisés par le consommateur ou assez récents. L'abonnement pour gérer ses comptes sur internet a notamment baissé de 15 % parce que sa tarification datait du début des années 2000 quand Internet était peu répandu et que seule une population très aisée l'utilisait. Avec sa généralisation et la concurrence croissante des banques en ligne, les établissements traditionnels n'ont plus eu d'autre choix que de baisser leurs tarifs, voire de rendre ce service gratuit. Il faut ajouter que cette baisse tarifaire ne leur coûte rien puisque les clients font tout le travail sur internet. En revanche, tous les services qui permettent au consommateur d'accéder à son argent ont augmenté, qu'il s'agisse du prix de leur carte bancaire ou du retrait aux distributeurs automatiques.
Pas pour les services les plus utilisés ! La carte à débit immédiat, qui couvre plus de la moitié du marché français, a augmenté de 3 % pour atteindre un prix moyen de 37 euros. Je rappelle en outre qu'en Belgique, le montant évolue entre 20 euros et 25 euros, ce qui est bien moindre. Quant aux cartes à autorisation systématique, qui sont proposées aux clients les plus fragiles, leur prix a augmenté de 4 %. Et c'est sans compter l'envolée de 12,7 % en dix-huit mois du coût des retraits d'argent aux distributeurs automatiques de réseaux concurrents. Par ailleurs, il est scandaleux que les assurances sur les moyens de paiement aient encore augmenté de 1,8 % alors que la directive européenne sur les services de paiement impose depuis 2009 aux banques de rembourser à leurs clients tous les frais liés à une fraude sur internet. Le coût moyen de 24 euros de ce service n'a pas lieu d'être.
Il confirme notre propre enquête : malgré l'engagement des banques à prendre en charge les formalités nécessaires au transfert d'un client d'une banque concurrente, seuls 30 % des établissements le font réellement. En réalité, les chargés de clientèles sont davantage mobilisés pour vendre plus de produits à leurs clients existants que pour ouvrir de nouveaux comptes.
Comme l'UFC-Que choisir le dit depuis longtemps, il n'y a que la loi qui puisse faire entendre raison aux banques. Une fois encore, elles montrent qu'elles ne tiennent jamais leurs engagements dans la durée et les clients sont systématiquement les dindons de la farce. Il faut donc faire passer une loi pour imposer trois choses. Comme tous les autres commerçants d'abord, les banques n'ont pas le droit de débiter le compte d'un client sans l'en avoir préalablement informé. Ensuite, le numéro de compte bancaire d'un client doit, comme un numéro de téléphone portable, être transférable d'une banque à l'autre afin de faciliter la mobilité bancaire. Ce système est déjà en place en Suède et le Royaume Uni est en train de l'adopter. Enfin, les commissions d'intervention qui sont facturées aux clients à découvert à chaque paiement par carte bancaire doivent être intégrées au taux effectif global appliquépour un découvert. Ces commissions atteignent aujourd'hui 8,3 euros en moyenne alors qu'elles n'ont aucune justification économique. Les intégrer au prix global d'un prêt accordé lors d'un découvert obligerait donc les banques à baisser leur tarif. En l'état actuel des choses, une telle mesure ferait bondir le taux d'un tel prêt de 16 % en moyenne à plus de 40 %, ce qui est bien au-delà du taux de l'usure de 19 %.

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