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Livrets bancaires : les promotions décodées
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Les banques proposent régulièrement des promotions alléchantes sur leurs livrets d'épargne. Comment lire les offres et quel rendement offrent-elles vraiment ? Décryptage.
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Des livrets proposant une rémunération dopée ? Actuellement au moins quatorze banques cherchent à attirer les liquidités des épargnants par ce type de formule. Au-delà du taux affiché, quelles sont les offres les plus intéressantes ?
1/ Pourquoi de telles promotions ?
Il s'agit d'attirer de nouveaux clients et chercher à les fidéliser au-delà de la période de promotion. Plus généralement, depuis la crise de 2008, les banques doivent renforcer leur matelas de fonds propres (règles Bâle III). Ils cherchent donc à attirer de l'épargne via des taux de rémunération attractifs.
2/ Comment ces livrets fonctionnent-ils ?
Les sommes bénéficiant d'un taux « boosté » pendant une période limitée avant un retour à des conditions classiques. Elles sont plafonnées (de 20.000 à 250.000 euros selon les cas), mais le livret lui-même (hors promotion) est généralement illimité. A noter que si l'on souhaite dépasser ces plafonds, il reste possible d'ouvrir un second livret au nom de son conjoint. La détention des livrets reste dans la majorité des cas réservée aux personnes majeures. Mais certains établissements (notamment LCL ou Cortal Consors) permettent d'ouvrir un livret pour le compte d'un enfant mineur.
Ces livrets rémunérés permettent de verser ou de retirer ses fonds à tout moment (voir ci-dessous). Sauf exception, cette souplesse vaut aussi pendant la promotion. Il n'y a de frais ni à l'entrée ni à la sortie (sauf cas où le livret fait partie d'un bouquet de services). Le risque, enfin, est assez limité : les taux du livret (après impôts et prélèvements sociaux) sur un an se trouvant à des seuils inférieurs au livret A. Pour la promotion -mieux rémunérée -les banques vont soit vers des placements un peu plus risqués, soit complètent la rémunération de leur poche.
3/ Combien ce livret peut-il rapporter ?
Les taux -bonifiés ou non -s'expriment hors impôts et cotisations sociales (32,5 % en cas de prélèvement forfaitaire libératoire). Un taux de 6 % brut revient à 4,05 % net. La durée de la promotion pèse aussi sur le rendement annuel. Il peut diminuer de façon spectaculaire, même avec une promotion très élevée au départ. Ainsi, sur un an, un livret à 3,25 % brut sur douze mois rapporte davantage qu'une offre à 6% pendant trois suivie de neuf mois à 2,225% (voir tableau).
4/ Quand réaliser les dépôts ?
Comme pour les livrets défiscalisés (livret A...), les intérêts sont calculés par quinzaine. Les fonds déposés du 1er au 15 du mois produisent des intérêts à compter du 16. De même, ceux versés du 16 au dernier jour du mois, à compter du 1er du mois qui suit le versement. Il faut donc réaliser ses dépôts juste avant le début d'une nouvelle quinzaine (soit à la fin du mois, ou juste avant le 15 du mois). A l'inverse, il vaut mieux réaliser un retrait juste après la fin d'une quinzaine (donc début du mois, ou juste après le 15).
5/ Combien de temps la promotion dure-t-elle ?
Pour bénéficier de la promotion, il faut placer son argent avant une date limite propre à chaque banque (à l'exception de GE Money Bank). A partir du jour où l'on a déposé son épargne, les taux promotionnels valent pour une période de trois mois, jusqu'à douze mois dans certains cas. Attention, il s'agit d'une période « glissante ». Ainsi, si une offre disparaît le 30 octobre, et que vous y avez souscrit le 28 octobre, vous aurez bien droit aux trois mois de promotion. Dans certaines offres (par exemple monabanq.), à l'inverse, le taux bonifié cesse à une date définie à l'avance. Plus vous souscrivez tard, moins longue sera la période bonifiée.
6/ Quelle fiscalité ?
Deux possibilités : opter au moment de la souscription pour le prélèvement forfaitaire libératoire (« PFL» de 19 %, auxquels s'ajoutent 13,5 % de contributions sociales) prélevé à la source. Ou bien, payer à l'impôt sur le revenu. Ce choix est plus intéressant pour les personnes non imposables ou dans la tranche à 14 %.
Sur un an (période de promotion puis condition normales), Cortal Consors et Cetelem présentent les rendements les plus élevés (2,19 % net d'impôt et de prélèvements sociaux). Suivent le compte épargne Tookam (Crédit Agricole Pyrénées Gascogne) avec 2,14 % et le livret monabanq. (2,12 %).
7/ Quel avantage par rapport au livret A ?
Avec un rendement de 2,25% net d'impôts et de cotisations sociale, le livret A ainsi que le LDD (livret de développement durable) sont très compétitifs face aux offres des banques. Mais leurs montants sont plafonnés (respectivement à 15.300 et 6.000 euros). Pour ceux qui ont déjà atteint ces limites, les livrets bancaires offrent des plafonds bien supérieurs, dans des conditions de liquidité similaires.
Enchaîner les promotions semble une bonne idée en théorie. Mais cela est en pratique assez complexe, et surtout moins rentable qu'on pourrait le croire.
Sur un an, aucun livret, même en intégrant la période de promotion ne bat le taux du livret A, actuellement de 2,25 % net d'impôts et de prélèvements sociaux (voir tableau). La vision, en revanche est bien différente si l'on ne considère que la période de promotion : un taux de 6 % brut (soit 4,05 % net). D'où la tentation, à la fin de chaque période à taux amélioré de profiter, dans un autre établissement de conditions similaires. Ainsi, toujours en théorie, il serait possible à la fin de l'année d'obtenir un rendement particulièrement intéressant.
Dans les faits, pour récupérer tout son argent, il faut clôturer son livret, ce qui demande des formalités (écriture d'un courrier, traitement de la demande, virement des fonds sur un autre compte) assez longues. Comme vos intérêts sont calculés par quinzaine (voir ci-contre), vous perdrez deux semaines de capitalisation. Pire, si la procédure s'éternise (par exemple si elle commence le 12 du mois (perte d'une première quinzaine) et s'achève le 20 (perte d'une deuxième quinzaine) vous aurez perdu un mois entier de capitalisation. Comme la plupart des promotions s'étendent sur trois mois, vous pourriez en théorie changer trois fois de banque sur la période, et perdre ainsi six semaines. Sur douze mois, votre épargne ne serait plus rémunérée que 10,5 mois. Une autre solution consisterait à simplement virer les sommes depuis son livret, sans nécessairement le fermer. Mais les banques demandent alors qu'un minimum reste sur le livret. Autant de fonds dormants qui viendront amputer le rendement sur un an.

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