|
|
|
|
|---|
Les banques redécouvrent les comptes à terme
| 0 Commentaire(s) |
|
|---|
En quête d'argent frais pour respecter les régles prudentielles de Bâle III, les banques françaises dépoussièrent leur gamme d'épargne et sortent des produits au maturités plus longues. Les comptes à terme à 10 ans reviennent à la mode
Et aussi
Le crédit entre particuliers fait sa percée en France
La collecte du Livret A poursuit son envolée
La garantie des dépôts des clients des banques reste un casse-tête pour les Européens
Pour l'UFC, la mobilité bancaire passe par un portage du numéro de compte comme dans le mobile
Le « mobile banking » va s'imposer aux banques
Populaires auprès des professions libérales et des très petites entreprises, mais moins à la mode dans l'épargne des particuliers, les comptes à terme connaissent depuis quelques mois une nouvelle jeunesse. Les comptes à terme supérieurs à deux ans ont ainsi bondi de 17,1 % à fin septembre 2011, selon les chiffres de la Banque de France. Presque tous les établissements communiquent sur ces produits distincts des livrets, dans la mesure où le client doit choisir à l'avance combien de temps il veut bloquer son argent et à quel taux.
Les Caisses d'Epargne viennent ainsi d'abaisser le ticket d'entrée du compte à terme Libre Retraite lancé en septembre et dont la maturité va jusqu'à seize ans. Elles prévoient de plus une nouvelle version qui sortira en juin, baptisée « Libres Revenus ». Juste avant, les Banques Populaires sortiront un nouveau compte à terme allant jusqu'à dix ans et associé à une rente tandis que le Crédit Mutuel Arkéa vient d'allonger la maturité de son compte Plan Bleu Projets, lancé en 2009, de quatre à dix ans.
« Un CAT à dix ans, c'est assez rare sur le marché », décrypte Caroline Bosser, responsable marketing de l'épargne chez Crédit Mutuel Arkéa. Mais ces comptes présentent un double avantage pour les banques : « Cela répond d'un côté à la problématique interne de Bâle III qui exige des ressources plus longues ; et d'autre part, à celle du client qui demande une visibilité totale sur son épargne et sa rémunération », poursuit Caroline Bosser. Pour entrer dans le calcul des futurs ratios de liquidité de Bâle III, les comptes épargne devront assurer la stabilité des encours. A cet égard, les dépôts à terme sont des produits idéaux pour les banques : ils incluent dans la majorité des cas des pénalités de sortie en cas de retrait des fonds avant l'échéance, voire un préavis.
Tacite reconduction
Au risque toutefois de rebuter les clients ? De l'avis des banquiers, pas du tout. Le contexte macroéconomique joue en ce moment en faveur de ces produits. « Ils répondent parfaitement aux attentes actuelles de nos clients et à notre volonté : sécurité du capital, rendement connu par avance et durée très variée à choisir selon ses besoins », assure Catherine Reljic, directrice adjointe au marché des particuliers à la Caisse d'Epargne. Cette dernière assure que les ouvertures de Solution Libre Retraite sont au-delà des attentes tandis qu'au Crédit Mutuel Arkéa, on dénombre 12.000 comptes ouverts depuis le lancement le 9 janvier. « Je ne pense pas que les pénalités de sortie ou la mise en place de préavis aient un impact négatif auprès du client, car toutes les banques devront faire la même chose », estime Michel Roux, directeur du développement à la Banque Populaire.
Mais tous les établissements n'ont pas cédé à la mode. BNP Paribas par exemple assure ne pas avoir de projets particuliers visant à rallonger la maturité maximale des comptes à terme qui va jusqu'à trois ans. « Nos clients apprécient le court terme et la disponibilité », explique Isabelle Falloux, responsable marketing et épargne. « Mais nous travaillons sur la tacite reconduction (de ces comptes) », ajoute-t-elle. La banque a en outre reconduit jusqu'au 30 juin sa campagne de taux bonifié sur les comptes sur livrets, commencée en mars 2011. Une autre façon d'encourager la stabilité des encours.

|



: