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Le taux du Livret A promis à une nouvelle hausse en février
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Il faudrait que l'inflation annuelle hors tabac retombe à 2,1 % en décembre, contre 2,4 % en novembre, pour que le taux du produit d'épargne populaire demeure à son niveau actuel de 2,25 %. La probabilité est forte qu'il soit relevé à 2,5 % le 1 er février.
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Le Livret A pourrait bien voir sa rémunération augmenter pour la 4e fois en dix-huit mois. A moins d'une baisse rapide et substantielle de l'inflation hors tabac, le taux du produit d'épargne liquide chouchou des Français passera de 2,25 % à 2,50 % le 1er février. Il pourrait même atteindre 2,75 % si l'inflation se maintient à son niveau de novembre de 2,4 %. « Tout le monde a été surpris par la hausse de l'indice des prix, observe Cyril Blesson, associé du cabinet PAIR Conseil. Un léger reflux n'est pas exclu mais pour que le taux du Livret A reste inchangé, il faudrait que l'inflation hors tabac soit inférieure ou égale à 2,1 % en décembre, mois de référence du calcul de ce taux. »
Un niveau historique de collecte
Deux fois par an, le 1er février et le 1er août, la rémunération du Livret A est en effet automatiquement révisée selon une formule mathématique fondée sur le niveau de l'indice des prix hors tabac, et celui des taux d'intérêt courts du marché. Une nouvelle hausse de son rendement ne ferait que renforcer l'attrait de ce produit dont la collecte a déjà dépassé son record historique, avec 16,58 milliards d'euros sur les dix premiers mois de l'année, soit plus du double de celle de l'année 2010 (7,80 milliards). En 2009, année de la généralisation de la distribution du Livret A à toutes les banques, ce support d'épargne avait collecté 16,55 milliards d'euros.
Pour l'assurance-vie et les banques, un relèvement du taux serait une mauvaise nouvelle. La rémunération du Livret A se rapprocherait en effet des taux garantis proposés actuellement par son placement concurrent. Les rendements de l'assurance-vie devraient s'élever en moyenne à 3 % en 2011. Or, entre la baisse des primes engrangées et la hausse des prestations versées par les assureurs-vie, la décollecte a déjà atteint 1,4 milliard d'euros en octobre.
Quant aux banques, elles ne conservent en moyenne que 35 % de la collecte du Livret A, le reste est centralisé par les fonds d'épargne logés à la Caisse des Dépôts pour financer le logement social et des missions d'intérêt général déterminées par l'Etat. Sommées par le nouveau cadre réglementaire de renforcer leurs dépôts pour maintenir leur niveau d'activité, les banques risquent donc au contraire de voir une large partie de l'épargne de leurs clients sortir de leurs bilans. Par ailleurs, leurs comptes sur livrets concurrents sont indexés sur les taux de la BCE, qui a déjà procédé à 2 baisses successives. Pour convaincre leurs clients d'y souscrire, les banques vont donc devoir réduire l'écart croissant avec le taux du Livret A en sur-rémunérant leurs livrets, ce qui risque de leur coûter cher.
Un ralentissement de l'inflation en 2012 n'est toutefois pas exclu, ce qui pourrait entraîner une baisse du Livret A en août. Dans le cas contraire, sa collecte promet de nouveaux records et une nouvelle bataille des banques pour obtenir une modification des règles de centralisation de la collecte du Livret A.

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