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L'UFC-Que Choisir s'alarme de la montée des fraudes à la carte bleue en France
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L'association pointe du doigt la montée en flèche des fraudes à la carte bancaire sur Internet. Elle dénonce aussi l'inutilité des assurances moyens de paiement qui engendrent un surcoût de 940 millions pour les consommateurs.
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L'UFC-Que Choisir alerte de nouveaux les pouvoirs publics sur la fraude à la carte bancaire sur Internet. Profitant de la campagne présidentielle et de la prochaine sortie du rapport Pauget-Constans sur l'avenir des moyens de paiements, l'association de protection des consommateurs note que, depuis 2006, le taux de fraude moyen à la carte bleue est passé de 0,024 % à 0,074 % en 2010, soit un triplement.
Reprenant les chiffres de juillet dernier de l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, l'UFC Que Choisir rappelle que les cartes bleues sont devenues en France un moyen de paiement incontournable sur Internet où elles sont utilisées dans 80 % des paiements en ligne. Or, les taux de fraude à distance sont 23 fois supérieurs à la fraude constatée auprès des commerçants physiques. Et pour la fraude à distance pour des paiements internationaux, la fraude est 113 fois supérieure .
120 millions d'euros de fraude sur le paiement à distance
Dans l'absolu, les montants restent marginaux par rapport à la masse d'opérations de paiement qui se déroulent sans problème spécifique. Les fraudes à la carte bleue étaient de 369 millions d'euros en 2010. Mais celles sur les paiements à distance sont passées de 33 millions d'euros en 2006 à 120 millions en 2010.
Dans la majorité des cas, le numéro de carte a été usurpé. L'UFC-Que Choisir note que les professionnels ont tenté de réagir en créant le système 3D Secure. « Mais chaque banque a développé sa propre méthode de 3D Secure et aucune coordination n'a été entreprise. Aucune communication grand public n'a non plus été développée pour faire connaître le système », regrette Maxime Chipoy, chargé de missions à l'UFC-Que Choisir.
Conséquence : certains consommateurs, croyant avoir affaire à du « phishing » (hameçonnage en français), abandonnent la transaction en cours de route. Et les commerçants adhèrent de moins en moins à ce système. L'adhésion récente de la SNCF pour l'achat en ligne de ses billets de train masquerait une désaffection plus globale des commerçants, assure l'association.
Remise en cause de l'assurance moyens de paiement
Dans ce contexte, elle remet aussi en cause l'assurance des moyens de paiement proposées par les banques, qui n'assurerait pas un service optimal. « Elles ne servent à rien car les banques ont l'obligation légale de rembourser les porteurs de carte si le code confidentiel n'a pas été utilisé », observe Maxime Chipoy. Or cela serait le cas dans 88,7% des cas. Le surcoût pour le consommateur serait de 940 millions d'euros.
Outre l'adoption d'un système d'authentification unique et non rejouable (type 3D Secure en mieux), l'UFC préconise au moins trois actions pour contrecarrer la tendance. L'envoi systématique par les banques de confirmations de paiement sur Internet (via la banque en ligne, sms ou email) ; l'obligation pour tout commerçant stockant des données de cartes bancaires d'informer ses clients en cas d'attaque de serveur et/ou vols de données bancaires ou personnelles, et l'obligation pour les banques de centraliser les fraudes subies par leurs clients et de les transmettre aux services judiciaires.
En complément :
La fraude sur les paiements à distance ne faiblit pas (12 juillet 2010)
Le dernier rapportde l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement

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