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2012 : les quatre risques pour votre épargne
LesEchos.fr

17/01/12 à 15:40 - Les Echos | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Quels sont les risques pour vos placements en 2012 ? Si les marchés ne sont pas rapidement rassurés sur la sortie de crise de la zone euro, toutes les classes d'actif pourraient souffrir.

L'année 2012 risque de ne pas être de tous repos pour les épargnants. Certains sont déjà apparus (dégradation de la notation de neuf pays de la zone euro, entrée en récession de la France), mais pourraient s'aggraver. D'autres sont encore latents (défaut non contrôlé de la Grèce, panne du crédit bancaire). Dans ces différents cas de figure quel pourrait être l'impact sur votre patrimoine ? Revue de détail.

1/ Une nouvelle dégradation pour la France

Le risque : L'agence de notation Standard & Poor's a retiré le 13 janvier son triple A à la France. Mais elle a placé le pays sous perspective négative, ce qui signifie qu'elle pourrait encore dégrader le pays dans les trois mois.

Les obligations : La dégradation du 13 janvier était, selon les observateurs, déjà intégrée dans les taux d'emprunt des pays de la zone euro. Mais la mise sous « perspective négative » pourrait encore faire monter le coût du crédit souverain dans les prochaines semaines. Les pays concernés risquent de voir leur taux d'emprunt augmenter. Avec comme effet direct une baisse de la valeur des obligations déjà détenues en portefeuille (par exemple, via une Sicav obligataire), ou à l'inverse de belle-plus values possibles pour ceux qui détiennent des obligations allemandes.

L'assurance-vie : Les assureurs placent en grande partie leurs fonds en euros sur des obligations souveraines très bien notées, qu'ils conservent jusqu'à leur terme. Le rendement tiré de l'obligation est donc prévisible sur la durée de vie du titre, et il n'y a pas de risque de moins-value. Un danger toutefois : les assureurs doivent actuellement faire face à un mouvement de décollecte. Afin de pouvoir y répondre, ils peuvent être contraints de vendre leurs obligations avant leur terme. Ce qui les expose à de possibles moins-values, ce qui se répercute directement sur le rendement servi.

Les actions : Si un Etat de la zone euro voit ses taux d'emprunt augmenter, il devra sans doute imaginer de nouvelles mesures de rigueur budgétaire, pesant sur la conjoncture, et indirectement sur la valeur des actions. Par ailleurs, une hausse des taux longs renchérirait aussi le coût de financement des acteurs privés.

2/ Le défaut d'un pays de la zone euro 

Le risque : Dans le cas de la Grèce, des négociations sont en cours avec les prêteurs privés afin de leur faire accepter de tirer un trait sur une partie de leurs créances. Mais en cas d'échec des discussions, le défaut deviendrait incontrôlé, ce que les marchés n'ont pas encore anticipé.

Les obligations : Dans le cas d'un défaut non maîtrisé de la zone euro, on verrait une fracture se creuser entre les taux des pays considérés comme plus à risque par les investisseurs, et les valeurs sûres (Allemagne). Le risque est de subir des moins values sur les pays dont les coût d'emprunt aurait le plus augmenté.

L'assurance-vie : Depuis le déclenchement de la crise grecque les assureurs et établissements bancaires qui détenaient ces titres de dette ont mis de l'argent en provision, afin d'amortir un éventuel choc. Mais ces provisions ne couvrent pas 100 % des fonds prêtés au pays. En cas de faillite totale et désorganisée, il y aurait donc le risque d'une perte sèche pour les créanciers. Heureusement, les assureurs en détiennent peu, mais cela tirerait tout de même le rendement vers le bas.

Les actions : Le secteur financier détenteur de titres de dettes se verrait sans doute durement sanctionné en bourse. Par ailleurs, il verrait sa capacité à prêter aux entreprises durement atteinte. Cela pourrait amplifier le ralentissement économique, pesant sur les valeurs boursières des entreprises.

Les livrets fiscalisés : S'il y avait de nouvelles dégradations de dettes souveraines, ou un défaut sur certains de ces titres, les banques -qui en détiennent beaucoup -devraient ont encore renforcer leur bilan. Dans ce but, elles seront incitées à attirer l'épargne de leurs clients, à un taux qui supporte la comparaison avec le livret A. Les clients peuvent donc s'attendre à d'intéressantes offres promotionnelles sur les comptes et livrets rémunérés.

3/ Une aggravation de la récession en France

Le risque : Selon l'Insee, la France traverse actuellement un « épisode récessif », avec une croissance négative au quatrième trimestre 2011 (-0,2 %) suivi d'une possible baisse de 0,1 % au premier trimestre 2012. Les prochaines semaines sont donc cruciales pour voir si cette récession est ou non un simple accident de parcours.

Les obligations : Il s'agirait d'un facteur de plus justifiant une hausse des taux d'emprunt pour les pays de la zone euros ayant une croissance faible, et la locomotive allemande. Avec toujours les mêmes risques de moins-values sur les portefeuilles obligataires. Le tableau est moins uniforme pour les obligations corporate : une entreprise même française ou espagnole, mais réalisant une forte partie de son activité dans un pays émergent ne sera pas considéré de la même façon que celle dépendant uniquement de son marché intérieur.

Les actions : avec le prix des actions déjà très bas en zone euro, le marché anticipe déjà une année 2012 peu dynamique. Mais si la récession devait se prolonger au-delà du deuxième trimestre, les actions de la zone euro pourraient encore baisser davantage.

L'immobilier : L'immobilier résidentiel souffrirait sans doute (comme on le voit déjà) d'un gel du nombre de vente, mais conserverait l'attrait de la valeur refuge. Les SCPI connectées à l'immobilier professionnel (bureaux, commerces) verraient leur valeur diminuer plus directement en cas de récession prolongée.

4/ Un « credit crunch » généralisé

Le risque : Alimentées en liquidités par la Banque Centrale Européenne, les banques en conservent une bonne partie sur leur bilan, tant qu'elles ne seront pas certaines de pouvoir se refinancer à l'avenir dans des conditions normales. Si les prochains placements obligataires (des Etats et des banques) ne rencontrent pas le succès, cela les encouragera à conserver ces liquidités, pour leur propre sécurité.

Les obligations : Si les prêts bancaires se raréfient, les entreprises seront incitées à se tourner vers le marché pour se financier via des émissions obligataires. Les emprunteurs se trouvant en concurrence, ils devront sans doute consentir un taux plus élevé pour attirer les épargnants. Il pourrait donc y avoir des opportunités de rendements intéressants. Mais il faudra faire preuve de discernement dans le choix des obligations auxquelles souscrire.

Les actions : Il s'agirait d'un coup de pression sur l'activité des entreprises (voir obligations). Sans accès au crédit, l'activité, et donc les cours de bourse, risquent de se trouver amputés.

L'immobilier : Avec un crédit plus rare (ou plus cher), les acheteurs seront moins solvables, ce qui est un facteur de baisse des prix.

EDOUARD LEDERER


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