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Paris Tableau : le nouveau rendez-vous de l'art
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Jusqu'au 8 novembre le Palais de La Bourse accueille 20 marchands spécialisés dans le tableau ancien. A voir.
La scène parisienne de l'art est d'une extrême vivacité. Juste après la Fiac qui semble avoir bien porté ses fruits en terme de transactions comme de fréquentation internationale et juste avant Paris-Photo, le salon consacré à la photographie de collection qui se tient pour la première fois au Grand Palais du 10 au 13 novembre, est inaugurée aujourd'hui dans l'enceinte du Palais de la Bourse une manifestation entièrement consacrée aux tableaux anciens. Paris-Tableau c'est 20 marchands, 10 français 10 étrangers qui montrent exclusivement des maîtres anciens autrement dit des peintures antérieures à l'Impressionnisme. La manifestation est due à l'initiative d'un italien installé de longue date à Paris, le marchand Maurizio Canesso.
Ceux qui ne connaissent pas le marché de l'art peuvent se dire qu'en cette période d'incertitude généralisée le monde du tableau ancien attire un nombre croissant d'amateurs désireux d'investir dans ce qu'on appelle des « valeurs sûres ». Mais la chose n'est pas si simple. Quelle que soit la conjoncture il existe des effets de mode et il est clair que le tableau ancien, comparé à l'art contemporain est un domaine considéré comme moins attirant. Il nécessite une certaine érudition et des codes de lecture pour la compréhension d'une majorité de compositions.
Problèmes d'attribution
En outre les problèmes d'attribution sont nombreux, les maîtres du passé ayant travaillé dans le cadre d'ateliers qui employaient beaucoup de petites mains et les faussaires s'étant glissé par la suite dans les failles de méconnaissance de l'histoire de l'art. C'est donc pour cela qu'une manifestation comme Paris-Tableau est intéressante. En terme de sécurité d'attribution elle a mis en place un comité de veto indépendant chargé de filtrer toutes les attributions qui seraient suspicieuses sur le salon. En outre s' intéresser au tableau ancien aujourd'hui, paradoxalement, peut nécessiter un budget moindre que l'art contemporain si l'on vise des noms connus.
Ainsi sur son stand l'antiquaire français Hervé Aaron présente par exemple un très charmant portrait féminin de Nicolas de Largillière (1656-1746), une des vedettes de la peinture du temps de Louis XIV. L'huile peinte en 1716 est à vendre pour 90.000 euros. Difficile de trouver à ce prix là une toile d'un peintre contemporain reconnu. La galerie de Madrid Caylus expose un fascinant Christ, un Ecce Homo quasi monochrome de Luis de Morales (1512-1586) surnommé le «Divino » pour le glacis qu'il donne à ses panneaux qui ressemblent à des peintures sur email. C'est le grand nom de l'époque en Estremadure. L'oeuvre d'une facture particulièrement moderne est à vendre pour 250.000 euros. Selon le directeur de la galerie, Jose-Antonio de Urbina il existe une nouvelle gamme de collectionneurs qui fait l'acquisition de peintures du Moyen Age atypique de ce genre.
Un « revival » pour le XVIIIe français
Contrairement à toute attente il semblerait que le XVIIIe siècle français suscite lui aussi un « revival » auprès des collectionneurs, pourvu qu'il s'agisse de sujets enlevés voire coquins. On en trouve une preuve à l'entrée du salon avec une toute petite sélection, en trois tableaux, de la collection de la super star de l'art contemporain, Jeff Koons. On y voit , entre autres une «Jeune fille portant deux chiots » peinte tous seins à l'air vers 1770 par Jean-Honoré Fragonard. Sur son stand le marchand de New York Adam Williams expose entre autres une toile de François Boucher représentant une scène typique de l'artiste : des jeunes filles nues et plantureuses offrant leur corps au regard des voyeurs dans un cadre bucolique. La peinture est à vendre pour 650.000 dollars. « Après une baisse sensible de la demande nous observons de nouveau une demande pour ce genre d'oeuvres depuis quelques années » observe Adam Williams.
Sur le stand du britannique Stair Sainty les amateurs d'histoire de l'art devraient être arrêtés par une toute petite toile du XIXe siècle signée Ary Scheffer(1791-1851). Il s'agit d'une des oeuvres mythiques symbole de l'amour romantique . « Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et Virgile » montre un couple enlacé en plein vol. Une version se trouve au Louvre, une autre à la Wallace collection de Londres. Guy Stainty en vend une troisième dans un format plus modeste pour 135.000 euros. Elle appartenait à la cantatrice Pauline Viardot amie de Georges Sand et du peintre lui même. Un petit morceau d'histoire et d'histoire de l'art accessible à un particulier.
Paris Tableau : du 4 au 8 novembre. Palais de la Bourse. www.paristableau.com

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