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Marché de l'art : le grand bond en avant chinois à nuancer
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Année record pour le marché de l'art dans le monde en 2011. Dans le « Fine Art », la Chine s'adjugerait selon Artprice 41 % du marché mondial des ventes aux enchères.
Que le marché de l'art ignore cette fois-ci la crise, on le savait : le rapport d'Artprice, rendu public hier, vient confirmer que le produit mondial des ventes aux enchères de « Fine Art » a bondi de 21 % en 2011, atteignant le niveau inégalé de 11,54 milliards de dollars. Que la Chine effectue une percée spectaculaire, on s'en était aperçu ; mais qu'elle caracole en tête avec 41 % de part de marché selon Artprice, fournisseur de données sur le marché de l'art, voilà qui est « hallucinant », de l'aveu même de son directeur, Thierry Ehrmann.
La Chine, dont la première place faisait débat en 2010, prend clairement ses distances avec 4,79 milliards de dollars de ventes, en hausse de 38 %, soit 41,43 % de part de marché. Les Etats-Unis sont loin derrière avec 2,72 milliards (23,57 %), devant la Grande-Bretagne avec 19,36 %. La France reste 4e, à 521,33 millions de dollars et 4,50 % du marché.
« En 2012, la Chine continentale, plus Hong Kong et Taiwan, devrait grimper à 50 % du marché », estime Thierry Ehrmann. Mais tous les observateurs ne partagent pas ce point de vue. Christian Deydier, antiquaire et sinologue reconnu, estime que la bulle pourrait se dégonfler.
2012, retour au calme ?
Nicolas Orlowski, PDG d'Artcurial, tempère aussi la progression de la Chine. « Nous menons notre propre veille et il faut prendre ces données avec prudence, la Chine est un marché très particulier. » Selon lui, « la frénésie sur l'art asiatique pourrait se calmer cette année ». A la tête de Sotheby's Europe, Guillaume Cerutti est également nuancé : « La tendance affichée par Artprice est sûrement bonne, mais toutes les données collectées ne sont pas également fiables. » Certes, Sotheby's Hong Kong affiche à l'automne 2011 des résultats parmi les plus forts jamais enregistrés. Mais Guillaume Cerutti n'entend pas céder à l'emballement. « Il faut se garder de toute euphorie. Le marché reste très sélectif, les acheteurs privilégiant avant tout les valeurs sûres. »

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