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Grossiste en oeuvres d'art, un nouveau métier
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13/01/12 à 01:00 - Les Echos | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

En Allemagne, Weng Fine Art achète et revend avec des profits rapides de l'art du XX e  siècle entre 5.000 et 150.000 euros à des galeries ou des maisons de vente. Un modèle inédit.

A Krefeld, en Allemagne, un ancien banquier de la Dresdner Bank, Rüdiger K. Weng, a fondé, à la fin de l'année 1994, Weng Fine Art, une société d'un nouveau genre. Ce collectionneur avait en effet observé qu'il n'existait pas de grossiste dans le marché de l'art et il l'est donc devenu. Avec l'aide de banques, il a donc fondé une société qui depuis dix-sept ans a vendu plus de 15.000 peintures, sculptures, estampes et dessins signés des 500 artistes du XXe et du XXIe siècle. Depuis le 2 janvier 2012, Weng Fine Art est même coté à la Bourse de Francfort.

« Nous voudrions devenir une force dominante en Europe, en montant en gamme, sachant que derrière Sotheby's et Christie's, toutes les structures - il en existe une infinité -, sont de petites dimensions. Nous sommes aujourd'hui parmi les cinq premiers en Allemagne. »

Un positionnement original

Son positionnement est particulièrement original. Les oeuvres qu'il achète ont des prix moyens variant de 5.000 à 150.000 euros. « C'est dans ce segment que le marché de l'art est le plus large. C'est là aussi que nous pouvons faire les plus gros profits », explique l'exfinancier. « 95 % des oeuvres revendues le sont avec profit et, en 2011, il était de 77 %. » Pour l'instant, tout repose sur l'énergie et les relations personnelles du fondateur.

« Je vais dans toutes les foires où je rencontre des galeries et je fréquente les ventes aux enchères. L'occasion pour moi d'analyser ce dont ces structures ont besoin en termes de marchandise. Aujourd'hui, nos acheteurs sont Sotheby's et Christie's (à Londres et New York), mais aussi Artcurial ou Cornette de Saint Cyr, ainsi que des marchands influents dont je ne peux pas donner le nom », explique-t-il.

Arbitre du marché

« Chez nous, il met en vente des lots assez modestes, des estampes du XXe siècle. Mais je l'ai vu agir comme une sorte d'arbitre du marché international capable de compenser l'inefficacité de certains marchés locaux. Il peut revendre l'oeuvre d'un artiste italien ou allemand de notoriété moyenne dans une place valorisante après que l'oeuvre a été proposée dans une vente aux enchères où elle est passée inaperçue », observe le commissaire-priseur Arnaud Cornette de Saint Cyr.

Selon Rüdiger, la force de frappe de sa société tient plutôt au fait qu'il soit en mesure de faire une masse d'acquisition rapide. « Lorsqu'un marchand vient me voir au début du mois de juillet, alors que le marché mondial est en léthargie et qu'il a besoin de liquidité, je peux le payer immédiatement pour un lot d'oeuvres, qu'il me propose. » « L'art est une matière première d'investissement comme n'importe quelle autre. D'ailleurs, je ne vois la grande majorité des oeuvres que j'achète que sur l'écran de mon ordinateur », dit-il. Son credo a de quoi faire bondir les amoureux de l'art...

A titre d'exemple, l'homme d'affaires déclare posséder environ 100 oeuvres de Picasso dans son stock, dont environ la moitié d'estampes. Cette masse destinée à un « turnover » rapide est exclusivement orientée vers les professionnels.

Vers la vente aux particuliers

Cependant, en mars prochain, Rüdiger K. Weng lancera une nouvelle activité destinée aux particuliers. Selon lui, l'offre en matière d'édition d'oeuvres contemporaines est aujourd'hui clairsemée. Il proposera donc dans une société annexe un commerce d'éditions sur Internet. « Sur ce site seront proposées en collaboration avec les artistes et éditeurs des pièces par Damien Hirst, Anish Kapoor, John Baldessari ou Georg Baselitz... à vendre entre 2.000 et 25.000 euros. »

L'activité de la société Weng correspond à une nouvelle tendance, celle de considérer des artistes à la production pléthorique, tels que Picasso, Warhol ou Hirst comme de véritables valeurs financières, des « commodités ».

JUDITH BENHAMOU-HUET


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