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Aujourd’hui, la prudence s’impose sur les titres à taux fixe
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Les emprunts français ont très bien traversé la crise des dernières semaines. Revers de la médaille, les rendements actuels très faibles n’offrent guère de perspectives de valorisation. Il faut privilégier quelques titres du secteur privé et les taux variables.
La crise grecque et les craintes, la semaine dernière, d’une extension au Portugal, à l’Espagne voire à l’Italie ont eu un double effet sur les marchés obligataires : ils ont conduit à une défiance généralisée des investisseurs sur l
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euro et sur les emprunts souverains des pays fragiles mais, à l’inverse, ils ont entraîné un
fly to quality
(«?recherche de la qualité?») sur les emprunts allemands et français dont les rendements ont été propulsés tout près de leurs plus-bas historiques. Au plus fort de la crise, le taux de l’OAT à dix ans est tombé à 3,14?%, tout près du record de 3,04?% touché le 9 septembre 2005. Après l’annonce du plan, ces taux se sont très légèrement retendus mais ils baissaient à nouveau en fin de semaine pour ressortir ainsi à 0,25?% pour les échéances à 3 mois, à 0,68?% à 2 ans, à 1,82% à 5 ans et à 3,13% à 10 ans. Du côté du marché des emprunts corporate (les emprunts émis par les sociétés), les spreads ou primes de risques (écart de rendement entre une obligation et l’emprunt d’Etat de même échéance), qui s’étaient nettement resserrés au cours du dernier trimestre 2009, s’étaient stabilisés depuis le début de l’année et viennent de subir une légère inflexion à la hausse dans le contexte de crise actuelle. Pour les emprunts d’échéance respectivement 5 ans et 10 ans notés BBB (c’est-à-dire l’avant-dernière catégorie avant la notation BB+ qui marque l’entrée dans la zone des junk bonds ou emprunts spéculatifs), le spread ressort ainsi à 180 et 178 points de base (18 % et 17,8 %) ; pour ceux notés AAA (la meilleure note), les spreads sont passés respectivement à 94 et 65 points de base. Aux Etats-Unis, la reprise se confirme à la faveur des créations d’emplois et d’un redémarrage de l’investissement. Cependant, le comportement des ménages reste incertain et dépendra de l’évolution du marché de l’immobilier et des salaires. C’est pourquoi la banque centrale américaine, la Fed, conserve une politique monétaire accommodante avec des taux d’intervention durablement bas. Les taux longs américains, qui avaient commencé à se tendre sur fond de reprise économique, ont brusquement retrouvé leurs niveaux du début d’année dans la tourmente actuelle, bénéficiant de la crise européenne et du regain d’intérêt pour le dollar. Les taux américains ressortent ainsi à 0,17 % à 3 mois, à 0,8 % à 2 ans, à 2,2 % à 5 ans et à 3,5 % à 10 ans. Nous préconisons aujourd’hui la prudence sur les emprunts d’Etat dont les niveaux historiquement bas ne sont pas attrayants. Si une envolée des taux est peu probable compte tenu du maintien par la BCE d’une politique de taux bas en raison de la faiblesse de la reprise et des problèmes de refinancement de certains Etats européens, à l’inverse 2010 devrait voir un retour modéré de l’inflation après une année 2009 exceptionnelle en la matière.





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