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Art : investir dans la photo d'art
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La rareté et l'état de la photo contribuent à la côte de cet objet artistique. En fonction du photographe, les prix peuvent grimper fortement dans les galeries comme dans les ventes aux enchères.
917 000 euros, c'est le prix qu'un collectionneur américain a accepté de payer pour une Marine de Gustave Le Gray vendue aux enchères au début de l'été et acheté par un richissime américain. Un record pour ce célèbre photographe du XIXe siècle ! Après un passage à vide lié à la crise de 2008, le marché de la photo reprend quelques couleurs. « La dernière vente de Sotheby's début octobre a généré 4,7 millions de dollars de ventes, lance Viviane Esders, expert-conseil en photographie et expert auprès de la Cour d'appel de Paris, une photo de Pierre Dubreuil , surtout connue des initiés, vient d'être acquise 314 500 dollars alors qu'elle était estimée à 150 000 dollars ». Si les photos anciennes de photographes nés au XIXe siècle et au début du XXe atteignent des cotes extraordinaires, la photo contemporaine n'est pas en reste. Un cliché d'Andreas Gursky (Concert de Madonna) ne s'est-il pas vendu 925 000 livres (plus d'un million d'euros) en 2010 chez Sotheby's ? Un autre de Richard Avedon n'a-t-il pas été acquis 841 000 euros chez Christie's ? « L'ascension de la photographie sur le marché des enchères est d'autant plus spectaculaire qu'elle est rapide car le médium a eu du mal à gagner ses lettres de noblesse avant les années 90 », note t-on chez Artprice, en 1995, le marché de la photographie contemporaine se cantonnait à tout juste 350 clichés échangés en salles de ventes pour un montant total de 1,4 million d'euros. Depuis, les prix de ce segment ont été multipliés par quatre et il s'échange entre 3 000 et 6 000 épreuves contemporaines chaque année ». Toujours selon Artprice, en 2010, le marché de la photo contemporaine a dégagé 40 % des recettes générées par le marché mondial de la photographie, retrouvant ainsi son niveau de 2010.
Un marché qui reste accessible malgré tout
Heureusement pour les amateurs -collectionneurs plutôt jeunes, entreprises qui achètent dans le cadre du mécenat -toutes ne s'échangent pas à ce niveau de prix. « Certaines photos de Richard Avedon, de Robert Mapplethorpe, de Richard Prince... peuvent être acquises entre 50 000 et 100 000 dollars, et cela se vend comme des petits pains », s'exclame encore Viviane Esders. L'avantage de la photo, par rapport, à la peintre, c'est que le ticket d'entrée est beaucoup plus accessible. « Il y a les photos qui ont fait l'objet de multiples ouvrages, de nombreux tirages et que l'on peut acheter à des prix, somme toutes, très modiques : entre 1 000 et 5 000 euros. C'est par exemple le cas de deux tirages d'époque de Robert Doisneau qui ont été vendus 1 000 et 1 500 euros. Ou de Mario Giacomelli dont on peut acquérir des clichés entre 1 500 et 2 000 euros. Voire d'André de Dienes dont une photo de Marilyn Monroe estimée entre 2 000 et 3 000 euros, sera proposée aux enchères lors d'une toute prochaine vente à Drouot où les plus grands noms seront présents : Henri Cartier-Bresson, Man Ray, André Kertész, William Klein, David Lachapelle... (le 27 octobre prochain).
Quelques précautions s'imposent
La valeur d'une photo dépend évidemment de sa rareté -au-delà de 30 tirages, la photo perd toute valeur -et de sa signature, mais pas seulement. S'il s'agit d'un tirage ancien, son état est évidemment primordial. « « Si c'est une photo qui a déjà circulé, il faut vérifier son état de conservation et si elle comporte bien les tampons de signature et les qualités d'art », précise Viviane Esders. Celui qui veut se constituer une collection doit, en outre, s'initier à la photo en visitant les expositions, en lisant un certain nombre d'ouvrages et en se faisant aider par un expert ou un galeriste. Aux enchères, les clichés sont certifiés et dans les galeries des précautions sont prises pour éviter tout problème. « Les oeuvres des jeunes auteurs sont tout de suite encadrées, ce qui lie fortement l'artiste à la galerie, sinon il y a toujours possibilité de les modifier ». Si tant est que ces précautions aient été prises, le marché de la revente est plutôt dynamique, même si les cotes peuvent jouer au yo-yo. Pour preuve, toutes les photos présentées lors de la dernière vente Sotheby ‘s se sont échangées bien au dessus de leur estimation.

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