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Les premiers pas réussis de la filiale de La Poste illustrent la poussée constante des bancassureurs-dommages
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La Banque Postale IARD a repris les recettes qui ont fait le succès de la bancassurance. En progression continue, les acteurs bancaires détenaient 12,5 % du marché fin 2009.
Plus de peur que de mal... pour l'instant, en tout cas. Un an après les débuts de La Banque Postale sur le marché très encombré de l'assurance-dommages, ses concurrents affirment ne pas avoir ressenti de contrecoup particulier. « Il est encore trop tôt pour mesurer son impact, mais la crainte est là », confie-t-on dans une compagnie à agents généraux. « On y verra plus clair d'ici à six mois », affirme une mutuelle niortaise. Avec déjà 200.000 contrats en portefeuille, le nouveau venu a cependant frappé les esprits, d'autant plus que les 10.000 conseillers de La Banque Postale lui offrent une très enviable force de frappe.
« Mais il y a de la place pour prendre 200.000 contrats, ne serait-ce qu'en raison de l'arrivée de nouveaux assurés en auto ou en habitation », tempère un autre bancassureur.
Ces discours risquent cependant de changer quand la machine sera lancée à pleine vitesse -les contrats, initialement vendus au téléphone et via Internet ne sont distribués dans les bureaux de La Poste que depuis le 1er novembre (lire ci-dessus). « Vu sa taille (10 millions de clients actifs), La Banque Postale a le potentiel pour arriver à 1 million d'affaires nouvelles par an », calcule Cyrille Chartier Kastler, le président du cabinet Facts & Figures (F&F).
Simplicité et lisibilité
L'une des plus belles réussites de la bancassurance-dommages, Pacifica (Crédit Agricole Assurances), lancé en 1990, avait réalisé 1,61 million d'affaires nouvelles en 2009. Plus petite mais très offensive, la filiale d'assurance-dommages des Caisses d'Epargne (BPCE Assurances) en avait engrangé 528.000 la même année.
Comme le note Cyrille Chartier Kastler, La Banque Postale IARD a repris les recettes qui ont fait le succès de la bancassurance : « Elle fait la même promesse de simplicité et de lisibilité. Les bancassureurs se sont différenciés, au départ, par leurs conditions générales, qui sont très claires, et par leurs conditions particulières, qui indiquent très précisément le montant des franchises, par exemple . » Les acteurs bancaires auraient, selon lui, un deuxième avantage compétitif, « leur bon rapport qualité-prix ». Enfin, ils sont les mieux placés pour capter les clients au moment de la souscription d'un contrat immobilier ou auto.
Le succès annoncé et hautement prévisible de la filiale du groupe postal devrait conforter encore plus ce modèle lancé par le Crédit Mutuel avec les ACM en 1970. Année après année, les bancassureurs ne cessent de gagner du terrain en assurance non vie -« au détriment de tous les autres modes de distribution », précise Facts & Figures -pour dépasser les 12,5 % de part de marché à fin 2009 (14,6 % en habitation et 9 % en assurance automobile). Ils prennent chaque année en net 340.000 contrats en multirisque habitation et 210.000 en automobile, d'après F&F. Deux bancassureurs sont déjà solidement installés parmi les dix plus gros acteurs du marché en IARD, les ACM et Pacifica, réalisant chacun plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

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