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Les établissements bancaires réorientent l'épargne de leurs clients vers d'autres produits
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Soucieuses de se conformer aux nouvelles exigences réglementaires en matière de liquidité, les banques incitent leurs clients à investir dans d'autres produits.
Depuis quelques mois, la guerre entre les banques et les assureurs est déclarée. Personne n'ose plus le dire officiellement tant le sujet est sensible, mais le transfert de l'épargne logée dans l'assurance-vie vers les comptes de dépôts des banques se confirme et même s'accélère. Y compris au sein des groupes de bancassurance.
Ce mouvement reflète une politique volontaire des banques, qui représentent 60 % du marché de l'assurance-vie et qui ont besoin d'accroître leurs volumes de dépôts pour se conformer aux futures normes réglementaires en matière de liquidité. « Dans les réseaux bancaires, l'assurance-vie est en train de changer de statut, relate un assureur. Elle passe d'un produit vendu systématiquement pour répondre à tous les besoins d'épargne, à un produit que le client doit solliciter de lui-même. »
Le cas de CNP Assurances en est à lui seul une illustration. Ce grand producteur d'assurance-vie, acteur majeur du marché français, est distribué par deux réseaux : les Caisses d'Epargne et La Banque Postale. Bien que la collecte y soit toujours positive, les ventes réalisées par les deux réseaux se sont différenciées fortement au cours des neuf premiers mois de 2011. Ainsi, la baisse du chiffre d'affaires de l'assurance-vie réalisé avec La Banque Postale (- 7 %) a été moins forte qu'avec les Caisses d'Epargne (- 18 %). Motif : La Banque Postale a moins besoin de collecter des dépôts que l'Ecureuil, qui a pu avoir intérêt à réorienter l'épargne de ses clients vers des produits pourvoyeurs de liquidités pour sécuriser son propre refinancement. L'assurance-vie n'entre en effet pas dans la composition des bilans des banques. « Il y a une vraie campagne de promotion des banques sur leurs livrets d'épargne, mais le phénomène est difficilement quantifiable », témoigne un spécialiste. Le marché de l'assurance-vie reste très rentable pour les banques, mais elles n'ont pas le choix.
Depuis quelques mois, la tendance est visible dans les chiffres : alors que la collecte en assurance-vie recule, celle des dépôts bancaires ne cesse de progresser. Selon la Banque de France, les dépôts des ménages auprès des établissements de crédit français s'élevaient à 1.068 milliards d'euros à fin septembre, une croissance de 5,5 % sur un an. Les placements à terme, comme les plans d'épargne logement, enregistrent la plus forte progression : ils bondissent de 21 %, à 605 milliards d'euros. Viennent ensuite les livrets soumis à l'impôt (+ 12,7 %) et ceux défiscalisés comme le Livret A, le LDD ou le LEP, qui progressent de 5 %, à 374 milliards d'euros. Les simples dépôts à vue des ménages, non rémunérés, progressent aussi de plus de 5 %, à 268,4 milliards d'euros.

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