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La baisse de la rentabilité des fonds en euros se confirme
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Comme prévu, en 2011, nombre de fonds peinent, après déduction des frais et prélèvements, à rapporter plus que le Livret A.
Premier à avoir ouvert le bal cette année, AXA donnait le « la » du marché dès le 25 novembre en affichant pour la plupart de ses contrats des taux compris entre 3 % et 3,70 %, soit un recul de 0,3 point par rapport aux rendements servis en 2010. Depuis, d'autres résultats sont tombés (voir tableau). Et pratiquement tous confirment cette tendance baissière avec des resserrements annuels de performance de - 0,4, voire - 0,7 point pour certains (GMF, MMA). Même le contrat Afer, baromètre historique du marché, ne rapporte plus désormais que 3,43 %. Quelques assureurs mutualistes comme la Carac ou encore Mutavie (groupe Macif), parviennent à maintenir leur taux au même niveau que l'an passé. « Nous avions anticipé l'importance de la crise et baissé nos taux des 2010, ce qui nous a permis de résister en 2011 », indique-t-on à la présidence du directoire de Mutavie.
L'impact de la crise de la dette
Majoritairement investis en obligations d'Etat (un bon tiers des portefeuilles des assureurs), mais aussi d'entreprises, les fonds en euros n'ont pas échappé aux conséquences de la crise des dettes souveraines. Même si la part des obligations grecques présentes dans les actifs généraux est souvent inférieure à 1 %, rares sont les assureurs qui ne détiennent pas une fraction plus ou moins importante de dettes des pays périphériques, les fameux PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne). Et nombre d'entre eux ont dû passer des provisions spécifiques pour compenser les dépréciations d'actifs consécutives à la crise obligataire. « Notre proportion de dettes PIIGS, réduite en un an de 6 % à 4,29 % de notre actif, reste parfaitement gérable et absorbable, mais la dette grecque nous a coûté 0,9 point de rentabilité », précise Marcel Kahn, directeur général du groupe MACSF, dont l'offre d'assurance-vie demeure l'une des plus performantes du marché.
Des gestions plus ou moins bien pilotées
Confrontés à un marché obligataire difficile, les assureurs ont dû également composer avec la volatilité du CAC 40, qui a conclu l'année sur une perte de - 17 %, non sans effet sur la performance des contrats en euros, dont une fraction (de 10 % à 15 % en moyenne selon les compagnies) est investie en actions. Certains acteurs ont cependant su piloter avec dextérité cette poche actions et consolider des plus-values lorsque les marchés étaient encore haussiers. « Nous avons eu la chance de réduire notre part d'actions de moitié, de 20 % à 10 % de l'actif, en juillet avec un CAC à 3.800 points, ce qui nous a évité d'avoir à passer des provisions pour risque d'exigibilité », se réjouit Gilles Ulrich, directeur général du Conservateur. D'autres investissements plus porteurs, comme l'immobilier par exemple (immeubles générateurs de loyers élevés) ou encore les obligations privées ou les convertibles, ont pu également soutenir la rentabilité de certains contrats. « Sur la partie obligataire, nous avons su jouer de chaque période de tension sur les spreads de crédits d'entreprises ou sur les emprunts d'Etat français en évitant le secteur financier », précise la Carac. Et une fois de plus, les contrats les plus récents, peu chargés en obligations d'Etat et plus réactifs du fait de leur petite taille, ont mieux tiré leur épingle du jeu.
Piocher dans les réserves
L'an passé, plus fourmis que cigales, de nombreuses compagnies avaient choisi de doter leur provision pour participation aux excédents (PPE). Bien leur en a pris : cette réserve, alimentée par les bénéfices financiers réalisés les bonnes années, et redistribuée aux assurés dans les huit années qui suivent sa constitution (rares sont ceux qui comme l'Afer ou le groupe Monceau par exemple, n'ont pas recours à ce mécanisme), se révèle aujourd'hui d'un grand secours pour doper les taux. « Nous avons prélevés 62 millions d'euros de PPE sur plus de 200 millions, ce qui a représenté 0,4 point de taux, tout en nous laissant une poire pour la soif », révèle la MACSF. Certains assureurs ont cependant préféré maintenir leurs réserves « afin d'anticiper l'instabilité financière de 2012 », indique par exemple Geoffroy Brossier, directeur général de MMA Vie. D'autres, comme la Carac, les ont même de nouveau renforcées. Autant de façons d'anticiper une nouvelle année aux perspectives plus qu'incertaines.
Les rendements de plus de 80 contrats sur lesechos.fr/patrimoine

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