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Christophe Eberlé : « Les fonds en euros ne sont plus adaptés à l'environnement actuel »
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Ils sont en ligne avec ce que nous avions prévu. Depuis quatre ans, le rendement moyen baisse de 0,3 point par an. Comme chaque année, on voit cependant encore des assureurs fanfaronner en annonçant des taux très élevés par rapport à la moyenne. Mais ce sont la plupart du temps des acteurs récents avec des encours peu importants qui cherchent avant tout à gagner des parts de marché. Les plus gros fonds ne peuvent pas se permettre ce luxe et leurs rendements devraient tourner autour de 3 %. Quand on capitalise plusieurs dizaines de milliards d'euros d'encours, offrir 0,1 point de rendement supplémentaire coûte des dizaines de millions d'euros. Or les portefeuilles de fonds en euros sont de moins en moins rentables pour les assureurs. Certains ont même une valeur quasi nulle aujourd'hui. Ils permettent juste de payer la rémunération versée aux assurés et la gestion mais ne rapportent plus rien aux assureurs. Dans certaines configurations, ce sont potentiellement des bombes à retardement.
Ils ne sont plus adaptés dans un environnement qui est de plus en plus volatil. Dans un fonds en euros, la garantie en capital coûte très cher en termes de rentabilité, parce que les assurés peuvent la faire jouer tous les jours. Cela oblige donc les assureurs à avoir une gestion d'actifs très conservatrice et cela pèse sur les rendements. Selon nous, ils devraient aller vers des produits moins « couvrants » qui offrent aussi une garantie en capital mais à des échéances bien définies. Cela permet une meilleure utilisation des fonds des assurés et donc d'envisager de meilleures performances, tout en répondant à la demande des assurés qui veulent se constituer un complément pour leur retraite. Les « variable annuities » répondent à ces exigences. C'était aussi l'idée du législateur quand il a créé le PERP eurodiversifié en 2003 et les contrats diversifiés en 2005.
Certes, mais notre enquête montre que le changement se fera sur une certaine durée. D'ici à cinq ans, tous les assureurs auront une telle offre ou se prépareront à en lancer une. Nous sommes au début du tournant. Il faudra convaincre les épargnants d'investir ailleurs que dans les fonds en euros. Il y a aussi une grosse réticence des réseaux de distribution, qui sont habitués à vendre les mêmes produits depuis des années. Ces cinq dernières années, les assureurs se sont par ailleurs surtout concentrés sur la préparation à Solvabilité II et l'innovation produit en a fait les frais. Enfin, il faudrait une fiscalité mieux adaptée pour les produits retraite. Elle devrait être plus attrayante pour les contrats jouant le jeu du long terme et donc de la préparation à la retraite, évidemment moins couvrants à court terme, comme les « variable annuities » ou les eurodiversifiés, et plus sévère pour les contrats en euros.
L'étude d'Optimind
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