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VERGNET : Un terrible vent de face
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Un vent mauvais souffle sur le titre Vergnet. Depuis la publication des résultats semestriels, jeudi 13 octobre, l’action de l’unique fabricant français d'éoliennes a abandonné 16 %, ce qui porte à 35 % sa glissade depuis le 1er janvier. Ce n’est pas sans raison que les investisseurs boudent cette valeur, qui s’est effondrée de 82 % depuis son introduction sur le marché Alternext d’Euronext Paris en juin 2007.
A cette époque, la société basée à Saran, dans le Loiret, avait été plébiscitée par les opérateurs et le prix des actions fixé dans le haut de la fourchette, à 13,85 euros. Elle s’était alors vantée d’avoir réalisé la plus importante opération depuis la création d’Alternext. Ce temps est désormais révolu. Entre 2008 et 2010, Vergnet a cumulé 22 millions d’euros de pertes. De quoi faire fuir les petits porteurs.
Les derniers résultats, qui concernent le premier semestre 2011, n’incitent pas à se repositionner sur la valeur. L’industriel a vu ses pertes se creuser : le déficit d’exploitation est passé de 3,6 millions à 4,4 millions d’euros, et la perte nette part du groupe de 3,9 millions à 6,6 millions d’euros. Une chute provoquée par le pôle éolien, principal contributeur de l’activité. Si ses ventes ont augmenté de 59,2 % sur le semestre, à 29,6 millions d’euros, la perte d’exploitation s’est accentuée à 5,7 millions d’euros, face à - 4 millions un an plus tôt. La suite de l’exercice s’annonce difficile. Vergnet reconnaît « pâtir de conditions dégradées sur ses marchés Farwind [qui vise les régions reculées du monde, que le manque d'infrastructure et de moyens logistiques rendent difficiles d'accès, ndlr] et Proxwind [marché de proximité, ndlr] ». Aux reports de programmes d’investissements se sont ajoutées des tensions tarifaires et des lenteurs dans la mise en cohérence des législations nationales.
A première vue, l’autre pôle d’activité, eau-solaire, se porte mieux, seulement ses perspectives sont ternes. A fin juin, les facturations sont en hausse de 43,3 %, à 8,6 millions d’euros, et le résultat d’exploitation s’est amélioré à 1,3 million d’euros, contre un petit 0,4 million un an plus tôt. Mais un coup de frein est d’ores et déjà attendu au second semestre, conséquence du décalage « ponctuel » de plusieurs contrats concernant l’activité eau et d’une dynamique plus faible que prévu pour la branche solaire. A moyen terme, « les perspectives de [ce] marché demeurent structurellement favorables », tente de rassurer la direction.
A fin 2011, les performances s’annoncent mauvaises. Vergnet se refuse à donner de nouvelles prévisions de rentabilité pour l’exercice en cours et 2012. Seul l’objectif de chiffre d’affaires est connu : il sera compris entre 64 et 73 millions d’euros cette année, contre 82,4 millions d’euros en 2010. La société, au capital de laquelle le Fonds stratégique d’investissement (FSI) est présent à 21 %, va mettre en œuvre un plan de réduction des coûts « afin d’adapter sa structure de charges à la baisse anticipée du carnet de commandes, dans l’attente de la relance du marché des DOM en 2012 », précise le communiqué. Le fabricant de turbines éoliennes a participé à l’appel d’offres lancé en fin d’année 2010 par le gouvernement pour la construction d’éoliennes dans les départements d’outre-mer, son marché historique. Les résultats sont attendus pour le quatrième trimestre. Vergnet, spécialiste de l'installation d'éoliennes en zones cycloniques ou isolées, compte aussi sur la montée en puissance de ses projets en Ethiopie. Il vient de lancer, avec un certain retard, les opérations de phase II et III avec son associé Alstom.

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