EURO DISNEY : Un premier trimestre morose

Conseil : Ecart  

09/02/10 à 14:15 - investir.fr | 0 commentaire

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Les faits

La société d'exploitation de Disneyland Paris a présenté un chiffre d'affaires de 292 millions d’euros au titre du premier trimestre de l'exercice 2010, clos le 31 décembre 2009, en baisse de 10,5%. 

Le chiffre d'affaires généré par les activités touristiques diminue de 10 % pour s'établir à 290,8 millions d'euros. Les ventes des parcs à thèmes, à 164,7 millions d'euros, reculent de 12 %, traduisant principalement « une fréquentation des parcs à thèmes en baisse de 11 % » selon le communiqué, qui ajoute que « la baisse de la fréquentation des parcs à thèmes reflète une diminution du nombre de visiteurs anglais et français. » Par ailleurs, la dépense moyenne par visiteur est restée stable. 

Le chiffre d'affaires des hôtels et du Disney Village diminue pour sa part de 10 % et s'établit à 112,3 millions d'euros, reflétant une baisse de 9,9 points du taux d'occupation des hôtels, partiellement compensée par une hausse de 3 % de la dépense moyenne par chambre.

 

L'analyse

« Au premier trimestre de l’exercice 2009, la crise économique n’avait pas encore pleinement impacté nos revenus, essentiellement parce que les visiteurs réservaient très en amont des dates de leur visite », commente Philippe Gas, le président de la société. Le trimestre est donc pénalisé par un effet de base défavorable. A cela, il faut ajouter une météo capricieuse et le changement de comportement des consommateurs. Davantage soucieux de leurs dépenses, ils privilégient désormais les réservations de dernière minute, le tourisme de proximité et recherchent les offres promotionnelles. La visibilité s’est donc beaucoup réduite sur l’évolution de la consommation en matière de services de second plan. 

Endetté à hauteur de 1,97 milliard d’euros pour une trésorerie de 340 millions à fin septembre 2009, Euro Disney doit par ailleurs s'atteler à la restructuration de sa dette. Celle-ci pourrait passer par la conversion d'une partie de la dette en actions. Une telle opération, certes toujours douloureuse pour les actionnaires minoritaires, laisserait le contrôle du groupe à Walt Disney, propriétaire de 39,8% du capital et de 15% de la dette, puisque la société est gérée en commandite. La Caisse des dépôts et consignations, qui représente l'Etat et détient plus de la moitié de la dette, accepterait sans doute une conversion de ses créances en capital dans la mesure où cela contribuerait à assurer la pérennité de l'entreprise, grande pourvoyeuse d'emplois et d'activité. Restent les banques créancières d'Euro Disney, qui pourraient rechigner à entrer au capital d'un groupe subissant de plein fouet le retournement conjoncturel, et qui devrait continuer de souffrir de la faiblesse de la consommation des ménages en 2010.

La conjoncture économique et l’évolution des tendances de consommation sont très défavorables à Euro Disney, qui souffre d’une dette trop élevée. La visibilité est très faible. On restera à l’écart du dossier en attendant de connaître les modalités de restructuration de la dette.

 

Le cours au moment du conseil : 4.56 €

Elsa Poix

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