L'analyse (Investir)
La semaine a été dure en Bourse pour le titre ArcelorMittal, chahuté à la veille et le jour de la publication de ses résultats du troisième trimestre, mercredi : 7,8 % envolés en deux séances, avant que le titre ne se reprenne.
Bien que conformes aux attentes des analystes financiers et aux lignes directrices données par le groupe en termes d’excédent brut d’exploitation, les résultats ont été perçus avec froideur. Cela tient moins aux faits qu’aux perspectives données par le groupe. Ainsi, les expéditions d’acier ont marqué une reprise de 7 % par rapport au trimestre précédent, mais elles restent en chute de 29 % par rapport à la période comparable d’il y a un an. Le chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros est presque stable d’un trimestre sur l’autre (+ 1,4 %). Les meilleures nouvelles proviennent sans doute de la progression de l’excédent brut d’exploitation (+ 30 % d’un trimestre à l’autre, à 1,1 milliard d’euros, soit le milieu de la fourchette prévisionnelle donnée par le groupe) et d’un retour à la profitabilité nette (631 millions d’euros, à comparer avec une perte de 581 millions au deuxième trimestre). Cela témoigne du succès des réductions des coûts entreprises par le groupe, qui sont évalués à 2,2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros) sur une base annuelle.
Cependant, certains éléments restent préoccupants. L’évolution des volumes expédiés rapportée à celle du chiffre d’affaires indique que les prix restent déprimés. Lakshmi Mittal, le patron du groupe sidérurgique, a amendé le discours optimiste qu’il tenait lors des résultats semestriels. S’il continue à parler d’une « amélioration progressive » en 2010, il affirme désormais que le « climat d’exploitation est difficile ». De fait, la demande finale d’acier ne montre pas de signe de reprise tangible et les distributeurs sont toujours attentistes et peu désireux de reconstituer les stocks apurés ces derniers mois.
Comme prévu, les résultats du troisième trimestre sont corrects. Nous n’envisageons cependant pas de catalyseur pour le titre à court terme. Nous préférons céder nos positions. Le titre est revenu au cours de l’achat que nous avions décidé en juillet pour profiter d’une conjoncture momentanément meilleure.
Prochain rendez-vous : en février pour les résultats annuels.