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SES : Jouer les perspectives
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SES a réalisé un premier semestre sans grand relief, mais les perspectives restent prometteuses. Avec un carnet de commandes de 7 milliards d’euros, l’opérateur de satellites offre une visibilité sur quatre ans.
- Objectif : 23 €
L'analyse (Investir)
Loin d’atteindre les étoiles, l’opérateur de satellites SES Global affiche un gain de 6,6 % depuis le 1er janvier. Les prévisions du groupe présidé par Romain Bausch ont déçu le marché : il table sur une croissance du chiffre d’affaires récurrent d’environ 3 %, alors que le marché visait une hausse de 5 %, mais le lancement programmé de onze satellites devrait redonner de la hauteur à cette société et son action en Bourse.
Au début du mois de juillet, le nouveau satellite SES-3 a été mis orbite, et cinq autres lancements sont prévus au second semestre. Mieux, le carnet de commandes s’élevait à 7 milliards d’euros à fin juin, soit quatre années d’activité. Tout cela soutiendra les ventes récurrentes dans les prochains trimestres, mais à données publiées il faudra être vigilant à l’évolution de la parité entre l’euro et le dollar. Au premier semestre, elle a été défavorable. La monnaie unique s’est nettement appréciée, passant de 1,22 dollar à 1,44 dollar entre juin 2010 et juin 2011. Conséquence, l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) récurrent augmente de 4,2 %, à 644,4 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de 3 % (à 853,2 millions) mais, à données publiées, ces deux indicateurs sont quasi stables (+ 0,8 % pour le chiffre d’affaires et – 0,2 % pour l’Ebitda respectivement). La marge reste toutefois élevée à 75,5 %, ce qui est l’une des caractéristiques des opérateurs de satellites.
Au cours du semestre écoulé, SES a connu un effet prix moins positif que son concurrent Eutelsat en raison de positions orbitales de moindre qualité et d’une pression dans les pays émergents. « Depuis deux ans, la demande est si forte par endroits que plusieurs opérateurs ont investi dans ces régions, au point de faire apparaître des surcapacités. C’est le cas, notamment, en Afrique subsaharienne, reconnaissait Romain Bausch, dans une interview accordée à Investir- Le Journal des Finances, en avril. De ce fait, les prix s’y stabilisent et pourraient fléchir. Les perspectives ne sont toutefois pas remises en cause. » Le groupe luxembourgeoiscontinue d’investir dans ces pays. Plusieurs contrats de télédiffusion ont été signés en Amérique latine et aux Caraïbes. Plus insolite, le réseau de télévision chrétienne Cançoa Nova a signé pour obtenir des capacités additionnelles pour une diffusion internationale de ses programmes. Par ailleurs, la totalité des capacités du faisceau indien du satellite SES-7 a été louée afin de faire face à l’importante demande dans le pays.
Le seul indicateur en véritable hausse est le bénéfice net part du groupe. Il a bondi de 52,5 %, à 292,1 millions d’euros, en raison d’une réduction des charges financières et d’une moindre perte imputable à l’abandon du fabricant de décodeurs ND Satcom. Elle était de 38,5 millions au premier semestre 2010, et n’est plus que de 7,3 millions cette année.
A long terme, les perspectives sont bonnes. Le carnet de commandes assure une bonne visibilité, et les marges restent élevées. Le rendement (4,4 %) est attrayant. Notre préférée dans le secteur reste Eutelsat.
Le cours au moment du conseil : 18.88 €

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