AVANT-PAPIER Wall St ne tolérera pas la moindre fausse note
par Ellis Mnyandu
NEW YORK, 18 octobre (Reuters) - Démarrée en fanfare, la saison des résultats a connu vendredi quelques couacs immédiatement sanctionnés par les marchés et les investisseurs attendent une partition parfaite cette semaine, faute de quoi une vague de déprime n'est pas à exclure.
Depuis mars dernier, les marchés d'actions américains ont repris près de 60% et le Dow Jones a repassé la semaine dernière le seuil symbolique des 10.000 points.
L'ouverture de la "saison des résultats" n'a dans l'ensemble pas déçu les investisseurs. Le géant de l'aluminium Alcoa et la banque JPMorgan ont fait état de chiffres robustes, mais ces résultats n'ont apporté aucune certitude.
Il faudra que les trimestriels présentés par les grands groupes américains confirment une tendance à laquelle les marchés veulent croire pour que le renouveau observé sur les indices boursiers se confirme.
La publication vendredi des résultats de General Electric et de Bank of America est venue rappeler que les investisseurs ne se satisfont pas d'un retour aux bénéfices ou de pertes trimestrielles inférieures aux attentes.
Ces deux groupes ont fait revenir le Dow Jones sous les 10.000 points et il y a fort à parier que l'attitude des opérateurs sera la même la semaine prochaine.
LE SPECTRE DE L'IMMOBILIER COMMERCIAL
"Alors que nous avançons dans la saison des résultats, les rumeurs et les attentes de bons résultats augmentent", note Bruce Zaro de Delta Global Advisors. "Par conséquent, si les groupes ne présentent pas des chiffres impressionnants, leurs actions seront attaquées."
Une douzaine de groupes cotés sur le Dow Jones doivent publier leurs résultats au cours de la semaine à venir, dont Microsoft , McDonald's , Pfizer , Coca-Cola et American Express
Sur le front technologique, Apple , Texas Instrument , Yahoo et Amazon.com passeront également sur le grill.
Mais une attention toute particulière sera portée aux trimestriels des bancaires et des financières au premier rang desquelles figurent Wells Fargo et U.S. Bancorp .
"Nous allons beaucoup entendre parler d'immobilier commercial puisque de nombreuses banques régionales doivent publier", souligne Eric Kuby de NorthStar Investment.
"Tout au long du rally de sept mois auquel nous venons d'assister, deux sujets d'inquiétude ont persisté, la consommation d'une part, l'immobilier commercial d'autre part."
Selon des données Thomson Reuters, 61 groupes listés sur le S&P 500 avaient déjà publié leurs trimestriels. Pour 79% d'entre eux, les résultats étaient meilleurs qu'attendu.
Cela dit, ces chiffres sont en moyenne de 22,6% inférieurs aux niveaux qui étaient les leurs un an auparavant.
Sur le front macroéconomique, les investisseurs scruteront les chiffres des mises en chantier, qui seront connus mardi, et les reventes de logements, attendus vendredi.
Une attention toute particulière sera également réservée au discours que doit prononcer lundi le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke en Californie. Il devrait s'exprimer sur l'évolution de la crise financière et sur l'Asie.
(Version française Nicolas Delame)

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