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APRR : Autoroutes-Montebourg saisit l'AMF pour garder APRR coté

30/07/10 à 18:59 - REUTERS | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

* Arnaud Montebourg réclame un examen approfondi de l'AMF car il juge l'opération "illégale"
Eiffarie a déposé une offre de retrait sur APRR
Eiffage annonce un chiffre d'affaires en hausse au T2

(Actualisé avec le chiffre d'affaires d'Eiffage au deuxième trimestre)

PARIS, 30 juillet (Reuters) - Le socialiste Arnaud Montebourg a annoncé vendredi avoir saisi l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour bloquer la sortie de la Bourse des Autoroutes Paris Rhin Rhône (APRR) demandée par Eiffarie, une coentreprise détenue par le français Eiffage et l'australien Macquarie Group .

La cotation d'APRR a été suspendue vendredi à la Bourse de Paris, à la demande de la société.

Parlant en tant que président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg a déclaré contester "la légitimité, le principe et la légalité" d'une sortie de la cote d'APRR.

Si Eiffage et Macquarie étaient autorisés à mener leur projet à bien "la privatisation de cette société d'autoroutes serait intégrale et il n'y aurait plus aucune collectivité publique indépendante pour veiller au respect de l'intérêt général", a-t-il dénoncé.

"Ce serait la porte ouverte à tous les abus, notamment en ce qui concerne les tarifs des péages", a-t-il ajouté, réclamant à l'AMF un contrôle "approfondi" de l'offre publique de retrait.

Le conseil général de Saône-et-Loire détient 0,025% du capital de la société APRR et Arnaud Montebourg siège en son nom à son conseil d'administration.

EXAMEN APPROFONDI

La décision prise en 2006 par le gouvernement de Dominique de Villepin de privatiser les sociétés chargées d'exploiter des sociétés d'autoroutes françaises demeure très controversée.

Le droit boursier français permet à un actionnaire détenant plus de 95% d'une entreprise de la sortir de la cote avec ou sans l'accord des actionnaires minoritaires.

APRR est actuellement détenue à plus de 95% par Eiffarie à la suite du rachat, annoncé mi-juin, de 13,73% de son capital.

La filiale d'Eiffage et de Macquarie a déposé une offre de retrait sur APPR au prix de 54,16 euros par action, qui sera suivie d'un retrait obligatoire.

Le titre APRR se traitait à 53,900 euros jeudi en clôture, avant sa suspension de cotation.

Arnaud Montebourg a egalement menacé de porter le dossier devant la justice si l'AMF ne lui donnait pas gain de cause.

"Il (Arnaud Montebourg) se réserve en outre la possibilité de demander à la justice la nullité de l'opération de retrait et du dernier conseil d'administration de la société APRR, l'information des administrateurs n'ayant pas été complète", a-t-il fait savoir.

Eiffage a de son côté annoncé vendredi après la cloture de la Bourse un chiffre d'affaires de 3,547 milliards d'euros au deuxième trimestre, en progression de 2,2% par rapport à la même période en 2009.

Ce chiffre se situe légèrement au-dessus des estimations des analystes de Citi et de CA Cheuvreux mais un peu en deça de ceux d'Exane BNP Paribas.

L'activité construction du groupe est toujours à la peine en France même si la branche travaux publics progresse en France et en Europe.

Sa filiale APPR a publié pour sa part un chiffre d'affaires consolidé de 931 millions d'euros au premier semestre, soit en hausse de 5,1% par rapport à l'année précédente.

Le carnet de commandes au 1er juillet 2010 pour l'ensemble du groupe s'établissait à 10,8 milliards d'euros, en progression de 9,1% depuis le début de l'année, et il représente en moyenne plus de 11 mois d'activité.

Les résultats financiers du premier semestre 2010 seront communiqués le 31 août après la clôture de la Bourse.

(Julien Ponthus et Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez)



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