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ADOCIA : Une innovation prometteuse et « low cost » fait son entrée en Bourse
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Adocia, focalisée sur les traitements du diabète et des plaies chroniques associées, va faire son entrée en Bourse ce mois-ci. La biotech lyonnaise entend lever 20 millions d’euros pour financer ses recherches et développements. Sa stratégie : revisiter des médicaments via sa technologie brevetée pour en augmenter l’efficacité. Les revenus sont facilités, les coûts minimisés.
L'analyse (Investir)
Une nouvelle biotech s’apprête à faire son entrée en Bourse. C’est d’ailleurs la première introduction de l’année : Adocia, société qui revisite des médicaments existants pour en augmenter leur efficacité. Les dernières IPO sur le segment n’ont pourtant pas été un succès, comprenez que, une fois passé l’engouement initial, le cours de bourse des impétrants s’est ensuite rapidement dégonflé. Et bien évidemment, le contexte économique, et son corollaire, l’aversion pour le risque, n’a pas aidé. Pour autant, Gérard Soula, son PDG, fondateur de Flamel Technologies, société cotée au Nasdaq qui a fait l’objet d’une prise de contrôle par des hedge funds en 2005, alors qu’elle capitalisait 500 millions de dollars, se lance dans cette « aventure » avec « confiance ».
Pour lui, le succès dans son métier repose sur trois piliers. Primo : une biotech qui réussit est une biotech qui a su identifier un besoin de masse. Deuxio : elle doit avoir mis au point une technologie qui permette de répondre à ces besoins. Et enfin : le management doit être capable de valoriser cette technologie auprès de financiers et partenaires. Carton plein pour Adocia !, selon Gérard Soula. Le contraire aurait été étonnant. Mais, sur la base de ces trois points, le succès semble effectivement acquis.
La société, fondée en 2005, et basée sur le pôle de compétitivité de Lyon, a mis au point une plate-forme technologique, BioChaperone, qui permet, via des polymères, d’améliorer l’efficacité des protéines thérapeutiques, en les protégeant contre la dégradation enzymatique, ainsi que leur facilité d’utilisation pour les patients. Une « innovation low cost », comme qualifié par Gérard Soula, qui se focalise sur le diabète (antidiabétiques et traitements de l’ulcère du pied), pathologie de masse, aidée par une population vieillissante et en surpoids. Plus de 200 millions de personnes dans le monde souffrent actuellement de diabète. Elles seront 380 millions en 2025. Le coût global lié à cette maladie totalise déjà 420 milliards de dollars par an. Le seul marché des antidiabétiques devrait dépasser la barre des 35 milliards de dollars à fin 2015, selon IMS Health.
Les polymères BioChaperone n'ont pas d'activité biologique propre, ils sont considérés comme de nouveaux excipients, ce qui n’impose pas d’études cliniques lourdes. Le développement des protéines thérapeutiques sera ainsi réalisé dans un délai deux fois plus court (cinq à huit ans) et pour un coût de l’ordre de trente fois inférieur (environ 40 millions de dollars). De quoi plaire aux trois ténors pharmaceutiques -Sanofi, Eli Lilly et Novo Nordisk- qui dominent le marché du diabète et qui doivent se renouveler rapidement pour contrer la concurrence des génériqueurs. D’ailleurs, Adocia admet elle-même surfer sur l’arrivée à échéance d’ici à deux ans des brevets du triumvirat.
Adocia souhaite lever 20 millions d’euros en Bourse. Ces fonds vont lui permettre de financer ses essais cliniques, dans l’optique de licencier ses produits, quel que soit leur stade d’avancement. La société a déjà signé en décembre un accord en phase préclinique avec Eli Lilly. Il s’agit pour la biotech d’appliquer BioChaperone à Humalog (2 milliards de dollars de chiffre d’affaires), l’insuline vedette ultra-rapide du laboratoire américain. Adocia a reçu dimanche dernier un premier paiement de 10 millions de dollars. Des versements supplémentaires pouvant atteindre 156 millions seront payés en cas de franchissements d’étapes cliniques.
Le paiement d’Eli Lilly ajouté aux fonds qui seront levés et à la trésorerie actuelle vont permettre à la biotech de s’autofinancer pendant quatre ans. De quoi laisser le temps à cette société de nouer des partenariats ou, mieux, d’aiguiser l’appétit des « big pharmas ». Elle mène actuellement des tests précliniques sur l'association d'insuline à action lente et rapide (combo) avec Lantus et Apidra, les deux antidiabétiques phares de Sanofi. S’agissant également de l’insulinothérapie, Adocia travaille à la formulation d’une insuline humaine, plus économique, dont l’action serait aussi rapide que celle des insulines analogues (comme Humalog). Le nom de ce produit ? HinsBet pour « Human Insulin Is Better ». Les résultats de cette étude seront annoncés au cours du premier trimestre, après l’introduction en Bourse.
Mais surtout, son produit le plus avancé entre en phase III, en Inde, dans le traitement de l'ulcère du pied diabétique, ce qui pourrait déboucher sur un partenariat avec une commercialisation en vue pour 2014 (les résultats sont attendus fin 2013). Les essais de phase III sont prévus en Europe et aux Etats-Unis l'année prochaine. Dans cette pathologie sévère, Adocia a choisi de revisiter le Regranex (Johnson & Johnson) en lui permettant de réduire de deux tiers la dose de principe actif. Ce médicament efficace (il réduit de 30% le taux d'amputation) est peu prescrit car très onéreux. Toujours sur le segment des plaies chroniques, deux autres produits (contre les ulcères veineux et brûlures) sont en phase clinique I.
D’une manière plus marginale, Adocia est également positionné sur le marché des anticorps monoclonaux. Son concurrent direct, l’américain Halozyme, a de l’avance sur ce segment, il a d’ailleurs signé un partenariat avec Roche. En revanche, s’agissant de l’insuline rapide, « nous sommes en avance », se réjouit Gérard Soula qui en veut pour preuve le partenariat avec Eli Lilly.
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La valorisation de 100 millions en milieu de fourchette tient compte pour 50 % de l'accord avec Eli Lilly, mais également du potentiel du combo. La probabilité de succès est beaucoup plus élevée que pour une biotech classique. Le concurrent Halozyme est valorisé 800 millions de dollars. Le pari est tentant.
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