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Trente valeurs moyennes à jouer au premier semestre
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Table ronde. Nous avons réuni cinq experts en valeurs moyennes pour notre traditionnelle table ronde « VM » semestrielle. Ils ont chacun sélectionné cinq actions à jouer d’ici au prochain rendez-vous du mois de juillet : du pur « stock picking ».
Rarement une sélection de cinq valeurs pour six mois aura été aussi périlleuse que celle de notre précédente table ronde, qui s’est tenue en juillet dernier.
En effet, la règle du jeu d’Investir-Le Journal des Finances est de faire choisir à nos gérants invités cinq titres à jouer pour le semestre, sans possibilité d’arbitrage entre les deux rendez-vous, quels que soient les événements. Or, entre le jour où les titres ont été entrés dans la sélection (le 18 juillet à l’ouverture) et cette semaine, la donne boursière a radicalement changé : la reprise de la croissance économique tant attendue aux Etats-Unis a pris six mois de plus pour apparaître, et les Etats européens ont peiné à apporter des solutions convaincantes à la crise de la dette dans la zone euro.
Résultat, les marchés ont chuté et les titres de sociétés de taille moyenne ont été davantage pénalisés. Vincent Le Sann, responsable du bureau de recherche Portzamparc, souligne que leur valorisation actuelle est inférieure de 40 % à leur moyenne historique sur vingt ans mesurée par le PER (rapport cours sur bénéfice estimé) sur l’indice Mid & Small. De même, 40 % des sociétés de cet indice cotent sous l’actif net. Toujours selon ses observations (le bureau suit et analyse 70 fonds de la place), depuis le mois d’août la liquidité a baissé compte tenu de rachats de parts de fonds par certains clients, dont le montant cumulé représente de 500 à 600 millions d’euros, soit 10 % des en-cours. Ainsi, les valeurs moyennes qui, habituellement, affichaient des performances supérieures à celles des grandes capitalisations, ont cette fois-ci été davantage affectées.
Une des explications, outre le fait que ces titres sont moins liquides que les grandes valeurs, réside dans un effet d’inertie. Lors d’un mouvement de rebond du marché, les investisseurs reviennent d’abord sur les « big cap », qui permettent aussi des positions sur les dérivés. Qu’en sera-t-il cette année ?
Premier semestre difficile, une amélioration au second
Pour Sébastien Korchia, gérant chez Meeschaert, «il y aura plus de risques à ne pas prendre de risques! ».
En effet, selon lui, 2012 pourrait être une année de bonnes surprises : après une première partie marquée par des turbulences dues à la crise de la dette, vers l’été les marchés devraient se retourner et remonter au second semestre. La Bourse, qui a intégré une croissance faible, pourrait rebondir fortement à la faveur d’une bonne nouvelle et prendre tout le monde à contre-pied.
Les entreprises ne sont pas dans le scénario de 2008, avec de fortes chutes des résultats. L’investisseur actif doit arrêter de vendre et, au contraire, revenir sur certaines belles valeurs. C’est aussi l’idée de Régis Lefort, gérant chez Talence Gestion, qui espère également une remontée du marché en seconde partie d’année si la Banque centrale européenne finit par accorder des crédits illimités aux banques. Cela permettrait d’éviter un assèchement du crédit préjudiciable à l’économie. Cela dit, il estime que les analystes financiers vont réviser à la baisse leurs estimations de résultats pour 2012. C’est la raison pour laquelle Olivier de Royère, gérant chez Cogefi Gestion, privilégie dans son fonds les valeurs de croissance à belle visibilité.
Vincent Le Sann, de son côté, surveille les opérations industrielles. De nombreuses sorties de la cote ont eu lieu en 2011, un mouvement encourageant, selon lui, car il provenait de la sphère industrielle, et qui pourrait se poursuivre cette année. Dans ce même esprit de « stock pickeur », Marc Girault, gérant chez HMG Finance, attend de nouvelles OPA en 2012. Cette recherche du Graal par un boursier qui investit dans les petites valeurs a été plusieurs fois couronnée de succès l’an dernier (Sucrière de Pithiviers-le-Vieil, Delachaux, Eurosic, Rougier, etc.). « Les niveaux de valorisation étant bas depuis longtemps, les familles sont plus sensibles qu’avant aux propositions qui leur sont faites. »
Nous regrettons que, sur demande de La Banque Postale, son principal actionnaire, Tocqueville Finance, ne soit plus autorisé à communiquer avec la presse. Didier Roman, un des gérants de la société, ne participe donc plus à notre table ronde.
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