Dossier | La pharmacie mondiale va bientôt achever sa mutation

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La pharmacie mondiale va bientôt achever sa mutation

04/10/11 à 12:52 - Investir.fr | 1 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

La stratégie de diversification par acquisitions entreprise par les grands laboratoires va leur permettre d’absorber le choc brevetaire et d’offrir un modèle de développement plus solide, indépendant de quelques médicaments vedettes.

Les grands acteurs de la pharmacie ne semblent plus craindre la fameuse « falaise brevetaire ». Pourtant, entre 2010 et 2013, l’impact de cette perte d’exclusivité de médicaments vedettes, qui génèrent 165 milliards de dollars de revenus, devrait créer, selon l’institut IMS Health, une érosion de 90 milliards de dollars de leur chiffre d’affaires, sous l’effet des copies génériques à bas prix. Le pic est attendu en 2011 et en 2012, quand sept des dix premiers produits les plus vendus au monde, comptant l’antidiabétique phare Lipitor du numéro un mondial Pfizer, les anticoagulants Lovenox et Plavix de Sanofi, l’antihypertenseur Diovan de Novartis, seront attaqués.

Changement de l’environnement

Parmi les cinq majors européennes Sanofi, Roche, GlaxoSmithKline Novartis et AstraZeneca, seul le suisse Roche échappe à ce phénomène. Ces produits vedettes très rentables contribuaient en moyenne à près d’un quart du résultat des groupes concernés en 2009. Reste que si un recul de leurs résultats de 5 % par an en moyenne est à attendre entre 2010 et 2012, aucun effondrement n’aura lieu.


 

Le virage majeur amorcé par l’industrie commence à porter ses fruits dans un secteur sous pression depuis dix ans. Il subit d’une part les effets négatifs de la régulation des dépenses de santé aux Etats-Unis et en Europe avec des baisses de prix et des déremboursements. D’autre part, les exigences accrues des autorités de santé qui imposent une réelle innovation médicale pour délivrer des autorisations de mise sur le marché ont eu pour effet de diviser par deux le nombre de nouvelles molécules approuvées depuis 1995. D’où une forte baisse de la productivité de la recherche. La dynamique du marché mondial s’est ainsi ralentie avec une croissance annuelle moyenne de 5 % depuis 2005, contre une performance supérieure à 10 % entre 1990 et 2000. Toutefois, en dépit du « choc brevetaire » en cours, ce rythme devrait se maintenir d’ici à 2015, grâce au relais des pays émergents. Selon IMS Health, « ils vont contribuer à 70 % de la croissance du marché mondial qui franchira le cap des 1.000 milliards de dollars en 2013. »

Le marché américain, premier marché mondial historiquement moteur, va connaître d’ici à 2015 une hausse modeste, entre 0 et 3 % par an. L’Europe ne fera guère mieux avec des performances de –?1 % à 4 % selon les pays.

Une adaptation à marche forcée

Une nouvelle donne à laquelle les géants de la pharmacie ont dû s’adapter. Les trésors de guerre accumulés durant les années fastes ont permis aux nouveaux patrons, arrivés aux manettes ces dernières années, d’utiliser l’arme des acquisitions. Si l’américain Pfizer s’est lancé en 2009 dans une mégafusion jugée peu convaincante, avec le rachat pour 68 milliards de dollars de Wyeth, les laboratoires européens ont multiplié les acquisitions ciblées dans des métiers à croissance pérenne (entre 5 % et 10 % par an), sans risque générique, comme la santé animale, l’automédication, le diagnostic, les vaccins, les génériques et les produits de biotechnologie (difficiles à copier du fait de leur complexité et de leur nature biologique). Les fabricants de médicaments dans les pays émergents, où 80 % des produits sont vendus sans brevet et ne sont pas soumis au remboursement, ont aussi constitué des cibles de choix.

Ces nouvelles activités, qui intègrent des opérations de plus grande envergure –?comme le rachat du numéro un des maladies rares Genzyme par Sanofi ou celui du leader de l’ophtalmologie Alcon par Novartis?–, auront un rôle clé. Elles représenteront entre 50 % et 80 % des facturations de ces grands groupes d’ici à 2015, compensant la disparition de leurs produits vedettes. Si certaines d’entre elles sont moins rentables comme les génériques ou l’OTC, elles permettent de prendre part à l’explosion de marchés de volumes en Asie. D’autres, comme Genzyme ou Alcon, auront un effet positif de plus de 5 % sur le bénéfice par action de leur acquéreur à partir de 2014.

L’adaptation de l’industrie est aussi passée par des efforts de productivité avec de lourdes restructurations. Un nettoyage des portefeuilles de molécules a été réalisé avec, à la clé, l’abandon de nombreux projets et une externalisation accrue de la recherche auprès des biotechs, pour regarnir les portefeuilles. Certains axes thérapeutiques ont été délaissés au profit de domaines où les besoins médicaux sont insatisfaits (cancer, maladie d’Alzheimer, maladies rares, etc.) et où les traitements innovants bénéficient de prix très élevés. « Le taux de remplacement du chiffre d’affaires actuel par le potentiel de produits en phase de développement très avancée a été porté de 28 % en 2008 à 33 % en 2011 », indique Natixis qui table désormais « sur une croissance interne régulière et pérenne des grands acteurs européens, “post falaise brevetaire” de 6 % par an ». L’horizon se dégage.


 

Dossier réalisé par Anne Barloutaud

 

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Mike

 

Erreur - 07/10/2011 à 17:07

Le Lipitor est un hypocholestérolémiant, pas un antibiabétique.

 

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