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L’éclatement de la zone euro aboutirait-il au chaos ?
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Certains économistes souhaitent l’abandon de la monnaie unique pour redonner une marge de manœuvre budgétaire aux pays fragilisés par la crise souveraine. Les gouvernements européens refusent cette extrémité. Est-ce un bon choix ?
La crise souveraine en Europe est rude. Malgré la multiplication des sommets de la « dernière chance », les chefs d’Etat et de gouvernement ont du mal à adopter un ensemble cohérent d’outils financiers d’urgence et de règles de fonctionnement de la zone euro évitant le renouvellement dans l’avenir d’une telle crise. Une étape semble toutefois franchie avec le sommet du 9 décembre dernier. Sera-t-elle suffisante pour définitivement clore la crise ? Pour l’instant, les marchés n’en semblent pas persuadés.
Retour de l’euroscepticisme
Cette crise a été l’occasion pour les eurosceptiques, les économistes qui n’ont jamais digéré la création de l’euro, ceux qui ont de tout temps été opposés à l’idée européenne, de faire un tonitruant retour sur le devant de la scène.
Non que leurs arguments soient subitement devenus plus éclairés mais tout simplement la crise a confirmé qu’une zone monétaire ne pouvait exister en s’affranchissant de certaines règles : le Pacte de stabilité notamment. C’est le manque de discipline des gouvernements qui est la cause de la crise et non l’euro.
Investir-Le Journal des Finances a donné la parole tout au long de l’année aux économistes défenseurs de la monnaie unique. Nos colonnes ont également largement été ouvertes aux eurosceptiques, à commencer par notre chroniqueur, Charles Gave, intarissable sur le sujet pour le grand bonheur de nombre de lecteurs et le désarroi de certains.
C’est pourquoi nous nous devions d’organiser un débat : la fin de l’euro est-elle inéluctable ? Si oui, quel en serait le coût ?
Nous avons interrogé à cette fin, outre Charles Gave, trois économistes de renom. Olivier Garnier est chef économiste de la Société Générale.
Il est donc bien placé pour mesurer l’impact sur le système bancaire que représenterait une explosion de la zone euro. Denis Ferrand est directeur général de COE-Rexecode, un institut de conjoncture proche des entreprises.
Il connaît parfaitement les problèmes d’écart de compétitivité dans la zone euro. Enfin, Laurent Moulin, chef économiste de Lombard Odier, a participé, en tant qu’économiste de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI), aux trois premières missions de la « troïka » en Grèce et a également travaillé sur le programme irlandais.
Cet expert est donc l’un des mieux placés actuellement pour mesurer le poids des efforts exigés de la population des pays sous programme mais aussi d’expliquer pourquoi la réponse apportée à l’Irlande semble plus adaptée que le remède de cheval infligé à la Grèce. Visiblement, l’hypothèse du retrait de la zone euro d’un petit pays n’est plus un sujet tabou. En revanche, une désintégration de la zone euro dans son ensemble est rejetée par nos experts. Même Charles Gave semble mettre de l’eau dans son vin. Le coût en serait faramineux, les gains de compétitivité gagnés par les dévaluations seraient largement rognés par la flambée des prix, le coût des dettes publiques exploserait, les banques frôleraient la faillite. Bref, les enchaînements macroéconomiques décrits seraient apocalyptiques.
Et, ce n’est pas la politique monétaire plus adaptée à la situation qui en compenserait le coût. L’institut Montaigne vient d’ailleurs de chiffrer le coût d’un tel scénario pour l’économie française.
Au bout de dix années, de 6 % à 19 % des richesses créées auraient été détruites ! Alors, les eurosceptiques, retour de circonstance ou experts avisés ? A vous de vous forger votre opinion.
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L’éclatement de la zone euro aboutirait-il au chaos ? - 30/12/11 à 13:57 - investir.fr
Charles Gave, économiste - 30/12/11 à 13:57 - investir.fr
Olivier Garnier, chef économiste Groupe de la Société Générale - 30/12/11 à 13:57 - investir.fr
Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode - 30/12/11 à 13:58 - investir.fr
Laurent Moulin, chef économiste de Lombard Odier IM et ancien économiste de la Commission européenne et du Fonds monétaire internationale (FMI). - 30/12/11 à 13:58 - investir.fr

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