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Dans un marché incertain, honneur aux valeurs défensives
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Table ronde. Six des meilleurs gérants que compte la place de Paris et que nous avons pour habitude de consulter pour croiser leurs expertises et leurs scénarios ont été réunis avant de tourner la page sur 2011. Prudents, voire désabusés, ils préfèrent jouer la sécurité en 2012.
Avec une baisse de plus de 20 % en six mois et un passage de l’indice Cac 40 au-dessous de 2.800 points en septembre, la Bourse française a été mise à rude épreuve. Les marchés ont évolué au gré des sommets politiques européens qui se sont tenus pour, dans un premier temps, essayer de régler le problème de la dette grecque, puis, dans un second temps, éviter la contagion aux autres pays de la zone euro, notamment à l’Italie et à l’Espagne.
Inquiétude des marchés
Par ailleurs, les marchés ont aussi subi, à plusieurs reprises, la mise en garde des agences de notation sur la dette de la France et des autres pays de la zone euro, y compris de l’Allemagne.
Les taux d’intérêt de l’OAT (obligation d’Etat de la France), très bas cet été, se sont fortement appréciés et l’écart avec ceux du Bund allemand s’est sensiblement élargi. Quant à ceux de l’Italie, ils ont explosé.
Dans un tel contexte, nos six gérants, tout comme Investir-Le Journal des Finances d’ailleurs, ont été pénalisés par un choix de valeurs décidé au début du mois de juillet et avant la forte baisse des marchés, sans possibilité de réaliser des arbitrages. Ainsi, deux d’entre eux seulement ont fait un peu mieux que l’indice. En tout cas, tous affichent des performances négatives. Alcatel-Lucent a été, parmi les valeurs retenues l’été dernier par les gérants, celle qui a subi la plus forte chute (– 71,3 %). Sinon, ce sont bien sûr les titres bancaires qui ont le plus souffert, à l’instar de Crédit Agricole SA, qui a perdu la moitié de sa valeur, ou de BNP Paribas, en recul de plus de 40 %. Les valeurs cycliques ont aussi été attaquées comme en témoignent Alstom (– 44,8 %) ou encore Lafarge (– 36,8 %).
Du côté des bonnes nouvelles, deux valeurs seulement se sont distinguées : Gemalto (+ 8,2 %), qui a engrangé les résultats de ses investissements passés, et Zodiac Aerospace (+ 5,2 %), qui a profité de la reprise du cycle aéronautique. D’autres valeurs ont bien résisté telles que les défensives de la santé avec Sanofi (– 1,6 %) ou celles du secteur du luxe avec LVMH (– 15,8 %).
Prudence dans les nouvelles sélections
En ce qui concerne le proche avenir, nos six gérants sont très prudents. Ils estiment que la Bourse peut être encore très volatile et fortement influencée par l’évolution de la situation politique européenne. Xavier Gandrille estime même que nous ne sommes pas à l’abri d’une implosion de la zone euro durant le premier semestre 2012. Les conséquences d’un tel cataclysme sont impossibles à évaluer sur le plan aussi bien microéconomique que macroéconomique. Les gérants ont généralement fait le choix de valeurs défensives.
LES CINQ VALEURS FAVORITES D’INVESTIR-LE JDF
- Air Liquide (AI). Le groupe se distingue par la qualité de sa gestion et par sa forte présence en Asie. La valeur de « bon père de famille ».
- Bonduelle (BON). Cette valeur défensive peut être acquise à bon compte. Sa présence dans certains pays émergents, en Amérique latine et en Russie est un atout.
- Sanofi (SAN). Le groupe pharmaceutique est spécialisé dans des activités déconnectées du cycle économique. En outre, l’action affiche une décote de 20 % par rapport aux autres acteurs du secteur.
- Scor (SCR). Pour jouer une hausse des tarifs. La valeur offre un beau rendement de 6 %.
- Technip (TEC). Le groupe d’ingénierie pétrolière est très bien placé pour profiter du lancement de nombreux projets de production en 2012, notamment au Brésil. La visibilité est excellente grâce au carnet de commandes déjà bien rempli.
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