Dossier | Comprendre l’analyse graphique en 7 leçons

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Les indicateurs de tendance

24/05/11 à 15:55 - Investir.fr | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Présentation des indicateurs

L’analyse technique comprend deux facettes : l’analyse graphique et l’analyse numérique. La première se fonde essentiellement sur la simple observation du niveau des cours et des volumes traités ainsi que sur l’existence de figures graphiques caractéristiques. La seconde, en revanche, procède par construction mathématique. Sur la base des cours (en particulier niveaux de clôture et extrêmes) sont ainsi construits des indicateurs techniques.

Ces derniers peuvent être de deux types, faisant appel aux deux facettes de la psychologie des investisseurs. Il s’agit des indicateurs de tendance, généralement fondés sur des moyennes, d’une part et des indicateurs de contre-tendance, généralement fondés sur des fonctions dérivées, d’autre part.

L’intérêt des indicateurs techniques est leur capacité prédictive, l’analyse graphique n’offrant souvent cette possibilité qu’une fois les figures au moins partiellement formées. Ceci est notamment valable pour les modèles de contre-tendance.

 

Les principaux indicateurs

Les moyennes mobiles

Les plus simples des indicateurs de tendance sont les moyennes mobiles. Elles correspondent simplement à une moyenne établie sur intervalle de temps glissant : chaque jour, la valeur la plus ancienne (prise en général à la clôture) composant la moyenne est remplacée par la valeur de la nouvelle séance.

 

En conséquence, l’intérêt prédictif de cet indicateur est nul (puisqu’il représente l’évolution des cours avec un certain retard). En revanche, il permet de déterminer des tendances à plus ou moins long terme, d’autant plus fortes que la direction de la moyenne est ferme.

Malgré la simplicité de cet indicateur, il convient de prendre ses précautions quant à la durée des moyennes utilisées. En effet, les analystes privilégient l’utilisation de deux moyennes mobiles simultanément, de durées sensiblement différentes, afin de prévoir les possibles retournement de tendance. C’est ainsi qu’on utilisera souvent conjointement les moyennes mobiles calculées sur 20 et 50 jours, ou encore celles à 50 et 100 jours, …

Cette utilisation simultanée permet en particulier de déterminer des signaux d’achat. Ceux-ci se produisent dès lors qu’une moyenne mobile de court terme (e.g. 20 jours) croise une moyenne mobile de plus long terme (e.g. 50 jours) en venant du bas et se trouve ainsi au-dessus. Cela traduit en effet la tendance du titre à voir ses cours les plus récents à un niveau supérieur à ses cours plus anciens, reflétant ainsi une tendance haussière.

Réciproquement, un signal de vente se manifeste dès lors qu’une moyenne mobile coupe à la baisse (i.e. en venant du haut) une moyenne mobile de plus long terme et se trouve ainsi en dessous.

Globalement, l’intérêt des moyennes mobiles est d’éviter de se trouver à contre-tendance du marché lorsque celui-ci se trouve dans un mouvement puissant.

Les bandes de Bollinger

Ces indicateurs sont dérivés des moyennes mobiles et visent à en combler une lacune importante. En effet, ces dernières donnent des signaux d’achat et de vente à des niveaux ponctuels, qui peuvent donc être rapidement invalidés si le marché se retourne à très court terme (en cours de séance ou d’une séance à l’autre).

Il peut donc être judicieux, plutôt que de définir des seuils précis, de recourir à des zones définies sous la forme d’intervalles de part et d’autre de la moyenne mobile. C’est sur ce principe que sont construites les bandes de Bollinger.

 

Cette figure est constituée de trois lignes de tendance : les bandes supérieure, médiane et inférieure.

La bande médiane correspond à une simple moyenne mobile, généralement calculée à 20 jours.

Le niveau de la bande supérieure, en tout point, correspond à la somme du niveau de la bande médiane et de deux fois la valeur de l’écart-type associé à la moyenne mobile.

Réciproquement, le niveau de la bande inférieure correspond au niveau de la bande médiane diminué de deux fois la valeur de l’écart-type associé à la moyenne mobile.

Une enveloppe du cours est ainsi déterminée. Elle permet alors d’identifier la marge de variation au sein de laquelle le titre devrait se maintenir quasiment systématiquement. Ainsi, dans le cas d’un titre suivant une loi normale, 95 % des cotations se feront entre ces bandes.

Ces dernières constituent dès lors des niveaux de support (bande inférieure) et de résistance (bande supérieure) extrêmement puissants. Ces niveaux représentent donc respectivement des points d’entrée et de sortie intéressants sur le titre, en particulier lorsque le marché se montre sans réelle tendance (et donc que les bandes sont stables de part et d’autre de la moyenne), ce qui permet de jouer dans un objectif de trading (placement à court terme).

Par opposition, dans un marché en tendance, les indices fournis par les bandes reposent sur leur écartement. En effet, un écartement croissant des bandes suppose une hausse de l’écart-type, qui marque la formation d’une tendance forte. Dès lors, lorsque les bandes se rétrécissent, les variations de part et d’autre de la moyenne mobile se font plus faibles, ce qui suggère la fin d’une tendance. On peut dès lors passer à l’utilisation des bandes comme supports et résistances.

Le MACD

L’un des indicateurs techniques les plus utilisés est le MACD. Cet indicateur (Moving Average Convergence / Divergence) traduit une différence entre des moyennes mobiles exponentielles et fait ainsi référence à la prépondérance ou non du moyen terme à l’égard du court terme.

Les moyennes mobiles exponentielles utilisées sont respectivement de 26 jours (coefficient exponentiel de 0.075) et de 12 jours (coefficient exponentiel de 0.15).

Par ailleurs, de façon à estimer l’évolution de la tendance, un indicateur auxiliaire (appelé ligne de signal) est formé. Il est calculé sur la base d’une nouvelle moyenne exponentielle sur 9 jours (coefficient de 0.20).

L’intérêt de cet indicateur est triple : position absolue du MACD, position relative à sa ligne de signal et existence de divergences.

Sur le premier plan, des situations de surachat et de survente peuvent être identifiées. Ainsi, une hausse très vive du MACD indique que la moyenne mobile 12 jours est en plus forte hausse que celle à 26 jours, dénotant ainsi une volatilité accrue dans le court terme. A cet égard, une attention particulière doit être portée sur le franchissement du niveau zéro.

Sur le deuxième plan, l’un des éléments en faveur de l’achat les plus significatifs est le franchissement à la hausse de la ligne de signal par le MACD, notamment lorsqu’elle s’opère sur des niveaux de retournement à la hausse du MACD (cf. graphique).

Sur le troisième plan enfin, des divergences peuvent être constatées entre la tendance du MACD et celle du cours sur une période déterminée. Ce phénomène se traduit par la hausse ou la baisse plus que proportionnelle du MACD par rapport à la variation du titre (cf. graphique).

 

Le DMI

Contrairement aux autres indicateurs, le DMI (Directional Movement Index) ne vise pas tant à définir des excès (surachat / survente) ou des divergences qu’à déterminer des tendances, servant à l’identification de signaux d’achat et de vente.

Sa construction est relativement plus complexe que celle des autres oscillateurs. En premier lieu, des indicateurs de pression à l’achat (+DM) et à la vente (-DM) sont identifiés. Ces pressions sont alors exprimées comme pourcentage de la variation maximale du marché sur la période, et on calcule une moyenne mobile de ces indicateurs, respectivement +DMI et -DMI.

 

Prenons l’exemple d’un calcul sur 14 jours, avec +DMI14 = 0.2 et –DM14 = 0.36. Cela signifie que 20 % du range du marché des 14 derniers jours s’est faite à la hausse contre 36 % à la baisse. Sur ce range, 56 % (0.2 + 0.36) ont été directionnels.

Ainsi, plus un marché est directionnel (à la hausse ET à la baisse), plus la somme des DMI (DI sum) est élevée. Toutefois, on préfère en général calculer la différence de +DMI et –DMI (DI diff). L’information fournie sur la tendance est alors différente : plus cette différence est élevée, plus le marché est directionnel dans un même sens.

Le ratio DI diff / DI sum, exprimé en pourcentage, donne alors DX, que l’on lisse sur la période (en général 14 jours) pour former ADX.

Une fois ces oscillateurs construits, leur utilisation est relativement simple. D’une part, il est possible de comparer les positions respectives du +DMI et du -DMI. Si le +DMI se trouve au-dessus du –DMI, la tendance à la hausse est forte, ce qui signifie que les acheteurs sont de plus en plus gagnants. A l’inverse, si le +DMI se trouve en dessous du –DMI, c’est la tendance à la baisse qui est forte, et donc les vendeurs qui sont de plus en plus gagnants.

D’autre part, des signaux sont également donnés par l’ADX. Ainsi, lorsque celui-ci dépasse les 17, le marché est considéré en tendance. Il est donc possible de se positionner à l’achat (+DMI au-dessus du –DMI) ou à la vente (-DMI au-dessus du +DMI).

Enfin, l’ADX permet, associé au moyennes mobiles, de déterminer la validité de ces dernières. En effet, les moyennes mobiles donnant parfois de faux signaux, il est possible de se positionner uniquement lorsque l’ADX indique une tendance, et de suivre alors les signaux des moyennes mobiles.

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