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Emmanuel Rougier, Directeur général délégué de Vilmorin & Cie : « Vilmorin & Cie continue de bénéficier de marchés agricoles correctement orientés »
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Le nouveau patron opérationnel du semencier, numéro quatre mondial mais numéro deux pour les potagères, a réaffirmé les objectifs annuels à l’occasion de la récente assemblée générale. Emmanuel Rougier nous a également détaillé les projets et investissements du groupe en matière de biotechnologies, qui devront aboutir à terme au lancement de ses propres OGM.
Historique infos & conseils
Des prévisions de rentabilité « ambitieuses »
VILMORIN & CIE PREPARE LE TERRAIN POUR L'AGRICULTURE DU FUTUR
Un troisième trimestre très prospère dans les grandes cultures
Vilmorin créé une JV dans le maïs en Chine, CA +21% au T3
Des semences de maïs OGM doivent éclore en 2014
Le premier semestre de votre exercice 2011-2012 se termine. Comment l’activité s’est-elle comportée ?
Depuis la publication du chiffre d’affaires du premier trimestre, les tendances n’ont pas été fondamentalement différentes, sachant que notre performance globale s’effectue au troisième trimestre et, de plus en plus pour les potagères, en mai et juin. Pour celles-ci, le démarrage de l’exercice a été assez lent. Le début de l’année 2010-2011 avait été extrêmement bon ce qui peut donner l’impression d’une stagnation. Mais on peut aussi mentionner des facteurs qui constituent un frein à la croissance dans certains pays : nous subissons les conséquences de la crise du concombre cet été en Espagne et des événements politiques du Moyen Orient. Aux Etats-Unis, nous avons modifié le système de distribution dans le sud-est du pays en passant à de la vente directe et nos anciens distributeurs ont encore des stocks à écouler.
Le début d’exercice a été plus dynamique pour les grandes cultures, en croissance interne de 18 % au premier trimestre. Nous continuons de bénéficier de marchés agricoles correctement orientés. Les prix des céréales restent à des niveaux qui, sans être exceptionnels, assurent un revenu aux agriculteurs. Nous avons cependant connu des difficultés d’approvisionnement en semences de maïs en Europe et en Amérique du Nord compte tenu de conditions climatiques difficiles. Cela nous a contraints à lancer des productions de contre-saison au Chili et en Argentine, cultures dont nous ne connaîtrons les résultats définitifs qu’en mars.
Lors de l’assemblée générale du 14 décembre, vous avez maintenu les objectifs annuels d’une croissance de plus de 7% du chiffre d’affaires à données comparables et d’une marge opérationnelle courante de l’ordre de 11%.
Il n’y a pas de raison de modifier cette approche. Rien ne permet de dire que nous ayons des faiblesses en termes de produits, d’autant que nous bénéficions d’une grande diversité de couples produits-marchés. Le fait que Vilmorin puisse s’appuyer à la fois sur les potagères et sur les grandes cultures est l’une des grandes forces du groupe depuis quelques années. Nous essayons de faire progresser nos résultats mais sans sacrifier la croissance à long terme. Il nous est en effet nécessaire de déployer des moyens commerciaux ainsi qu’en recherche et développement qui ne produiront leurs effets qu’à moyen et long terme. En 2010-2011, les frais de R & D ont atteint 15,2 % du chiffre d’affaires des semences pour les professionnels mais nous faisons en sorte qu’ils ne progressent pas plus vite que les ventes.
Vilmorin vient d’annoncer la création d’une coentreprise dans le maïs avec l’allemand KWS, déjà son partenaire dans les grandes cultures aux Etats-Unis. Le groupe n’a-t-il pas les moyens de mener seul ses recherches en biotechnologies ?
Si les deux plus grands producteurs européens de semences de maïs s’associent, c’est avec l’espoir que les marchés qui n’ont pas encore adopté les semences OGM s’ouvrent à ces technologies. Il s’agit de partager des coûts de recherche qui ne sont pas négligeables et n’apportent pas de chiffre d’affaires immédiat.
Sur les marchés qui sont importants pour nous, tels que l’Europe mais aussi l’Amérique du Sud et l’Asie qui nous offriront des possibilités de valorisation de nos efforts, nous ne devons pas dépendre durablement de technologies extérieures, que nous achetons par exemple à Monsanto aux Etats-Unis. Nous avons besoin d’étendre notre présence dans le monde en maïs, la semence la plus cultivée. Nous visons à terme un accès à 80 % du marché mondial au lieu d’un tiers aujourd’hui. Le projet avec KWS est spécifique car il vise à une commercialisation dans un premier temps de semences OGM de base, au plus tôt en 2014-2015 pour les « traits» herbicides.
Mais l’Europe, qui a représenté 55% du chiffre d’affaires de Vilmorin en 2010-2011, est-elle prête à adopter les semences OGM ?
L’agriculture européenne ne pourra pas rester en dehors de ces technologies, au risque de devenir de moins en moins compétitive. La question des OGM en Europe est actuellement politique et idéologique, elle n’est ni environnementale ni économique. Nous disposons pourtant d’outils technologiques répondant aux besoins de cultures importantes comme le maïs, dont l’utilisation est la base de l’alimentation animale. Faut-il être productif dans tous les domaines sauf dans l’agriculture ? Si l’on s’appuie sur un raisonnement économique, la réponse OGM est la meilleure car les agriculteurs dépensent alors moins en insecticides et pesticides. La rapidité avec laquelle certains pays comme le Brésil ont basculé quand ces cultures ont été autorisées montre leur intérêt.
Il y a un an et demi, le groupe a réalisé une augmentation de capital de 200 millions d’euros. Comment a été utilisée cette manne ?
Nous n’avons pas levé ces fonds pour une opération particulière mais pour nous donner les moyens d’étendre nos activités. Nous n’avons pas encore utilisé totalement les 200 millions d’euros mais un groupe comme Vilmorin travaille constamment à des projets pour renforcer son internationalisation. Pour les potagères, où nous avons acquis quelques programmes de recherche, la priorité est l’Asie même si nous saurons saisir des opportunités dans d’autres zones afin de renforcer certaines espèces stratégiques. En ce qui concerne le maïs et le blé, il s’agit de passer d’une présence européenne à une position internationale. Les résultats sont plus rapides avec le maïs car nous avons racheté des actifs d’entreprises déjà opérationnelles comme Sementes Guerra et Brasmilho. L’horizon est à plus long terme pour le blé car nous achetons des programmes de recherche, comme aux Etats-Unis. A partir de ces collections de plantes bien adaptées localement, nous développerons de nouvelles variétés performantes répondant aux attentes des agriculteurs.
Retrouvez notre conseil sur Vilmorin & Cie dans Investir-Le Journal des Finances ce week-end et dans sa version numérique sur investir.fr à partir de 20 heures ce soir en cliquant ici.
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