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Jacques Bailet, PDG de Médica : La croissance interne et les acquisitions vont s’accélérer dès 2011
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Le patron du groupe de maisons de retraites Médica, entré en Bourse en février dernier, compte accélérer sa politique de croissance externe l’année prochaine. Affichant le plus faible taux d’endettement du secteur, il dispose d’une forte visibilité à moyen terme.
Vous venez de publier vos premiers résultats depuis votre introduction en Bourse. Comment se présente votre performance semestrielle ?
Nous sommes satisfaits de ce premier semestre. Le chiffre d’affaires qui s’est élevé à 259 millions d’euros, a progressé, conformément à nos prévisions, de 10,7% par rapport au premier semestre 2009, avec une croissance organique de 6,1%. L’activité d’exploitation de nos maisons de retraite en France qui représente 62 % de nos facturations consolidées, a crû de 15,2%, intégrant une progression de 8,8% en matière de croissance organique. Malgré les restructurations en cours et les coûts d’intégration des acquisitions, nous avons maintenu un niveau de marge brute d’exploitation (avant loyers) élevé de 25,8%. Un taux d’occupation stable de 96,9% et un revenu journalier par lit en augmentation de 4 % à 120,6 euros ont participé à cette performance.
Pourquoi le segment des établissements de soins de suite et de réadaptation est-il un peu moins rentable?
L’essentiel des lits en restructuration concerne le segment des cliniques de soins de suite en France (qui contribue à hauteur de 28% du chiffre d’affaires), ce qui en pénalise ponctuellement la rentabilité. Par exemple, nous avons fermé la clinique de Neuville, et transféré les lits au centre de rééducation des Arbelles (également en Rhônes-Alpes). A l’occasion de ce transfert, nous avons doublé le nombre de lits et spécialisé cet établissement dans les affections de l’appareil locomoteur et du système nerveux ce qui va nous permettre de multiplier par plus de deux le prix de journée.
Au global, nous disposons de 2.500 lits en rénovation ou création. Ce portefeuille de lits, qui représente 20 % de notre parc total, constitue un réservoir de croissance sécurisée pour le futur. J’ajoute que les rentabilités que nous affichons en Italie et dans le secteur sanitaire demeurent parmi les plus élevées du secteur.
Maintenez-vous vos objectifs pour 2012 ?
Nous souhaitons croître de 45% entre 2010 et 2012, en intégrant une progression d’au moins 10% cette année, tout en maintenant notre rentabilité à un niveau élevé proche de 26,5%. Notre performance sur la première partie de l’année 2010 nous rend confiants dans cet objectif ambitieux de croissance.
Quelle est votre stratégie en matière de développement ?
Dès 2011, la croissance interne et les acquisitions vont s’accélérer. La montée en puissance des établissements récemment créés ou restructurés, l’augmentation du revenu par lit et les opérations de croissance externe, vont conjointement y contribuer. Depuis le début de l’année nous avons déjà acquis près de 900 lits, principalement pour l‘activité maisons de retraite. Nous avons identifié de nombreuses cibles, le marché étant très atomisé. Médica dispose d’une forte expertise en matière d’intégration d’acquisitions. La taille du groupe a quintuplé en 10 ans, passant de 2.200 lits à 12.500 lits sur cette période, avec de nombreuses opérations de croissance externe. Notre objectif est de maintenir 90% de nos facturations en France et 10% en Italie tout en conservant 30% de notre activité dans les cliniques de soins de suite.
De quelle capacité disposez-vous pour financer la croissance ?
Nous disposons désormais de facilités pour un montant de 450 millions d’euros et d’un panier additionnel autorisé de 150 millions d’euros pour mener à bien notamment les opérations de crédit-bail. Notre dette nette a été divisée par deux par rapport à fin 2009 grâce à l’augmentation de capital réalisée à l’occasion de l’introduction en Bourse en début d’année. De fait, même en intégrant la dette immobilière, nous affichons le ratio d’endettement net rapporté à l’excédent brut d’exploitation le plus faible du secteur. En intégrant les acquisitions à venir, nous comptons continuer à faire baisser ce ratio afin de le ramener de 4 à 3 d’ici 2012.
Quel sera l’impact sur le résultat de la récente baisse du coût de la dette ?
En juin, nous avons bouclé avec succès la renégociation de notre dette ce qui nous a permis d’en diminuer la marge de 100 points de base et nous avons souscrit depuis des swaps à taux fixe à compter de janvier 2011 à un taux inférieur de 200 points de base à celui des swaps actuellement en vigueur. La baisse des frais financiers au premier semestre ne reflète pas ces éléments, qui interviendront pour partie au deuxième semestre 2010 et prendront leur plein effet en 2011.
Quelle est votre politique immobilière?
Nous souhaitons rester propriétaire de 30 % de nos actifs immobiliers, une politique que nous jugeons équilibrée. Cela nous permet de maîtriser le niveau de nos loyers tout en gardant des réserves de financement additionnelles. Par ailleurs, dans le cadre de l’externalisation de 70 % des murs de nos établissements, nous avons noté un nouvel appétit des foncières pour notre classe d’actifs.
Les évolutions réglementaires en cours vous seront-elles favorables ?
L’exigence accrue des tutelles en terme de médicalisation, l’apparition des agences régionales de santé, la mise en place de forfait pour les dispositifs médicaux et bientôt pour les médicaments, favoriseront les acteurs structurés qui ont déjà anticipé ces changements. Cette intensification de la politique de contractualisation devrait accélérer la concentration du secteur.
Comment se présente la structure du capital et quelle est votre politique en matière de dividende ?
Depuis l’introduction en Bourse, l’actionnariat est stable avec un flottant d’environ 40%. TBU 3, qui regroupe les fonds conseillés par BC Partners, détient 45% du capital. La période de « lock up » pendant laquelle cet actionnaire de référence s’est engagé à ne pas céder ses titres, est désormais terminée. Par ailleurs, nous comptons servir un dividende représentant 20% du résultat net consolidé, décision qui sera ratifiée lors de la prochaine l’assemblée générale.
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