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Robert Charvier, Directeur financier de Valeo : « La croissance du chiffre d’affaires en 2012 n’est pas remise en cause »

23/02/12 à 10:42 - Investir.fr | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Le directeur financier de Valeo revient sur les résultats 2011 et les perspectives du groupe.

Les résultats 2011 s’inscrivent en hausse de 14 % pour le résultat opérationnel courant et de 17 % pour le résultat net, toutefois la marge opérationnelle traditionnellement plus élevée au second semestre est restée stable à 6,5 %, pourquoi ? Est-ce attribuable à un léger ralentissement de la croissance ?

Nous n’avons pas perçu de ralentissement au second semestre. Il faut voir que la deuxième moitié de l’année 2011 se comparait à une fin d’année 2010 excellente. Si nous avons progressé un peu plus faiblement qu’au premier semestre, c’est parce que la base de référence était plus élevée.

En ce qui concerne la marge, elle a été affectée tout au long de l’année par certains éléments exceptionnels, les conséquences du tsunami au Japon, qui a provoqué le quasi-arrêt de la production dans ce pays jusqu’en mai - juin, et le ralentissement des usines des constructeurs nippons en dehors du Japon. La hausse des terres rares, utilisées pour la fabrication de nos alternateurs, a pesé sur nos coûts à partir du mois d’avril avec un point culminant en septembre - octobre. A partir du début du second semestre, des problèmes de capacité insuffisante dans certaines de nos usines pour faire face à la forte demande nous ont contraints à des dépenses exceptionnelles en matière de transport et d’heures supplémentaires. Enfin, les inondations en Thaïlande ont aussi entraîné des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement et donc des surcoûts logistiques.

Au total, ces facteurs exceptionnels ont pesé un peu plus lourd au second semestre qu’au premier mais 2011 a été une très bonne année pour Valeo marquée, outre les résultats, par des niveaux record de prises de commandes, qui ont atteint 14,9 milliards contre 12,5 milliards en 2010 et 9,2 milliards en 2009.

Pour 2012, vous prévoyez seulement un maintien du résultat opérationnel alors que vous comptez continuer à croître plus vite que le marché automobile dans les différentes régions du monde. Pourquoi cette prudence ?

Nous attendons en 2011 une baisse de 5 % de la production automobile européenne dans un marché mondial qui enregistrera une hausse de 3 à 4 %. Or, l’Europe représente un peu plus de 50 % de notre chiffre d’affaires première monte. Même si nous continuons à faire mieux que le marché, nous serons donc affectés. Néanmoins, cela ne remet pas en cause la croissance du chiffre d’affaires.

A cela s’ajoute un deuxième élément. Les prises de commandes de 2011 sont en croissance de 2,4 milliards par rapport à celles de 2010. Nous allons donc devoir mettre en place des équipes de développement supplémentaires pour préparer le lancement de nouvelles productions qui ne généreront du chiffre d’affaires que dans 18 à 24 mois. Les coûts de développement vont donc augmenter plus vite que le chiffre d’affaires cette année.

De la même façon, votre prévision à l’horizon 2015 n’est-elle pas un peu conservatrice en termes de rentabilité avec une marge opérationnelle de plus de 7 %, alors que vous êtes déjà à 6,5 %, et une rentabilité sur les capitaux employés de 30 % déjà dépassée en 2010 et en 2011 ?

Nous ne changeons pas nos prévisions. Nous visons aussi un chiffre d’affaires de 14 milliards. Ce qui est important c’est la croissance, et les prises de commandes en forte hausse sont très porteuses pour le futur et nous rendent confiants dans l’atteinte des objectifs. Je précise également que nous visons une marge de plus de 7 %.

Le dividende augmente de 17 %, quelle est votre politique en matière de distribution ?

Cela correspond à un taux de distribution des bénéfices de 25 %, identique à celui de 2010. Ce « pay out ratio » paraît raisonnable compte tenu des perspectives de croissance et de notre volonté de garder une structure de bilan saine pour conserver une notation de notre dette dans la catégorie investissement, niveau que nous avons retrouvé au premier semestre 2011.

Propos recueillis par Rémi Le Bailly


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