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Fiona Manning, Gérante d’Aberdeen Global Emerging Markets, Aberdeen AM : « Des phases d’optimisme et de pessimisme devraient alterner avec à la clé de la volatilité »

06/09/10 à 15:45 - INVESTIR | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Aberdeen Global Emerging Markets est le meilleur fonds d’actions émergentes commercialisé en France sur cinq ans et sur trois ans. Comment ces bons résultats s’expliquent-ils ?

Ils ont pour origine notre philosophie et notre processus d’investissement. Nous recherchons des valeurs de qualité dont les valorisations ne sont pas très chères en relatif par rapport à leur secteur d’activité. Nous avons recours à trois critères principaux : un modèle d’entreprise durable fondé sur la consommation domestique ; un bilan financier très sain, car il est très important d’avoir les reins assez solides pour traverser d’éventuelles périodes de crise ; des dirigeants qui ont prouvé leur capacité à optimiser la valeur de l’action et à respecter les droits des minoritaires. Une bonne gouvernance est en effet très importante dans les pays émergents. Sur la durée, le marché apprécie les entreprises aux fondamentaux favorables. Nous investissons pour le long terme, puisque notre taux de rotation annuel est inférieur à 20 %. En résumé, notre succès s’explique uniquement par la sélection de titres, la fraction consacrée aux liquidités restant comprise entre 2 % et 4 %.

Quelle est votre allocation géographique ?

L’Asie émergente représente 50,6 % contre 59,3 % dans notre indice de référence, l’Amérique latine 27,8 % contre 22,7 % et l’Europe émergente 18,2 % contre 18 %. Cette répartition constitue uniquement la résultante de nos choix de valeurs et non une volonté délibérée de privilégier telle ou telle zone. La surpondération de l’Amérique latine s’explique par le fait que nous y dénichons de nombreuses opportunités. Les entreprises sont de qualité et bénéficient d’une bonne gouvernance. La situation économique de ce sous-continent est bonne et favorise la croissance des sociétés à la tête d’un modèle de développement domestique. Quant à la sous-pondération de l’Asie, elle provient de la faiblesse de notre poste chinois (7,4 % contre 19,1 % dans l’indice, sans compter 5,6 % à Hongkong). En effet, la transparence est souvent insuffisante dans l’empire du Milieu. A Hongkong, les équipes de direction sont plus ouvertes aux investisseurs.

Quelles sont vos principales surpondérations par pays ?

La première concerne l’Inde (13,9 % du fonds contre 8,4 % dans l’indice). Malgré la cherté du marché, nous trouvons encore des titres relativement bon marché, comme le fabricant et vendeur de mobylettes Hero Honda, qui capitalise 16 fois le profit estimé pour l’exercice en cours. La Thaïlande, place assez intéressante pour la croissance de la consommation domestique et au profil démographique intéressant avec une population jeune et dont le pouvoir d’achat progresse, est surpondérée de 2,8 points, tout comme la Turquie, qui profite d’une baisse de son taux d’inflation et d’un phénomène de convergence avec l’Union européenne. Enfin, en Amérique latine, nous surpondérons de 3,1 points le Mexique et de 2,2 points le Brésil, marché de plus en plus orienté depuis dix ans vers la consommation domestique et où la croissance sera très élevée cette année.

Quelles sont vos anticipations pour ces prochains mois ?

Le contexte boursier est peu clair, avec une croissance économique très faible dans les pays développés. Dans ces conditions, il semble difficile d’envisager une forte croissance mondiale. Les pays émergents vont donc devoir affronter des difficultés, même si leur situation économique et fiscale est bien meilleure. Des phases d’optimisme et de pessimisme devraient donc alterner, avec à la clé beaucoup de volatilité. En dépit d’un afflux de liquidités sur ces marchés attrayants, j’anticipe plutôt une baisse d’ici à la fin de l’année, mais sans beaucoup de conviction. Quoi qu’il en soit, la volatilité sera pour nous une opportunité, car nous sommes de tempérament contrarian et nous profitons des baisses pour acheter et des hausses pour vendre.

Propos recueillis par Pascal Estève


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