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Simon Azoulay, PDG d’Alten : « Depuis juin, l’activité se reprend en pente douce, très douce »
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Après un début d’année 2009 catastrophique pour Alten, la seconde partie de l’année s’est nettement mieux passée. Simon Azoulay revient sur le chemin parcouru au plus fort de la crise et donne sa vision de la situation pour 2010.
Le début de l’année 2009 a été très difficile pour Alten. Comment s’est déroulée la seconde partie de l’année ?
Nous avons connu une chute brutale d’activité, essentiellement dans l’automobile et un peu moins dans les autres secteurs au premier semestre. Nous avons senti dès le mois de juin l’arrêt de cette chute. Les industriels ont compris et ont décidé de ne plus désinvestir ou stopper ou retarder leurs projets d’innovation. Ils ont compris que la crise financière n’allait pas aboutir à une catastrophe et qu’il fallait absolument investir. Depuis, l’activité se reprend en pente douce, très douce.
Comment cette reprise progressive se traduit-elle, secteur par secteur d’activité ?
Ce que je viens de vous préciser est vrai pour l’automobile, mais aussi pour les autres secteurs industriels tels que l’énergie en général et la production d’énergie. Les sociétés du secteur des télécommunications, elles, n’ont jamais réduit leur niveau d’activité mais elles nous ont, en revanche, fait subir une pression tarifaire très forte. Ce sont les seules qui ont fait cela. Elles ont profité de la crise pour nous soumettre à cette pression mais leurs besoins d’infrastructures ou de plates-formes n’ont pas baissé. L’aéronautique tient très bien et le secteur tertiaire également. Alten a mis environ huit mois pour s’adapter au coup dur reçu en début d’année mais nous étions en ordre de marche au mois de septembre avec un taux d’occupation de nos ingénieurs tout à fait satisfaisant.
Et pour 2010, quelles sont vos anticipations dans l’état actuel des choses ?
Pour 2010, nous ne pouvons pas miser sur une croissance élevée. Nous ne disposons d’aucune visibilité de la part des industriels. Les budgets 2010 n’ont pas encore été communiqués et tout n’est pas encore bien clair. Nous subissons des pressions tarifaires mais restons sereins quant à notre capacité à maintenir un taux d’occupation de nos ressources élevé.
Les pressions tarifaires que vous évoquez sont-elles vraiment plus intenses pour le secteur des télécommunications ?
Dans ce secteur, les clients se montrent particulièrement exigeants en matière de prix. Les baisses de prix exigées par certains clients atteignent parfois 2 % ou 3 %. Ils ne se rendent pas toujours compte du fait que tant qu’ils nous demandent de réaliser les prestations en France, nous restons liés aux contraintes salariales françaises. Et pour l’instant, il n’est pas question de délocalisations. Les constructeurs automobiles négocient âprement mais ont aussi conscience du choc qu’ils ont fait subir à leurs prestataires. Car c’est nous qui avons absorbé principalement la décroissance de l’activité dans le domaine de la recherche et du développement.
Cela veut-il dire que les salaires ont augmenté en 2009 ?
En 2009, les salaires ont augmenté d’environ 1 %. Mais nous savons que, si l’activité redémarre, il faudra augmenter un peu plus les salaires. Le manque de visibilité nous incite de toute façon à être très prudents pour l’instant.
Les recrutements se font-ils toujours au compte-gouttes ?
En 2008, nous recrutions beaucoup car notre charge de travail était très importante. Aujourd’hui nous n’avons pas de visibilité et recrutons donc en fonction des besoins, lorsqu’ils sont identifiés. Nous savons que, compte tenu du turnover [ingénieurs quittant l’entreprise], nous allons embaucher entre 1.000 et 2.000 personnes en France cette année.
Qu’en est-il justement du turnover ?
Il ne s’est pas vraiment repris. Il doit se situer probablement entre 15 % et 17 %, ce qui reste un niveau faible pour notre secteur.
D’un point de vue plus général, la crise de 2009 modifie-t-elle votre façon d’aborder les relations commerciales avec vos clients ?
Ce n’est pas tellement le modèle de relation avec nos clients qui est en question. C’est avant tout le manque de visibilité sur l’activité et l’attentisme des clients qui a posé problème. Et c’est en train de se résorber. Je suis assez optimiste pour 2010. Je pense que cela va redémarrer car nous vivons chroniquement une pénurie d’ingénieurs de haut niveau en France. Concernant les évolutions de notre modèle de relation commerciale, de plus en plus nos clients souhaitent avoir des sous-traitants en charge de projets complets. Ils sont prêts à transférer des plates-formes de développement entières. Mais c’est un changement qu’Alten conduit déjà depuis cinq ans. Cela ne contribue pas nécessairement à lisser l’activité et les marges sont à peu près identiques.
Faut-il s’attendre à une intensification des délocalisations en matière de recherche et développement ?
Les études de haut niveau ne seront pas délocalisées. La France est un vrai terreau d’innovation. Tout ce qui concerne les études de conception, quel que soit le secteur industriel, devrait être maintenu dans notre pays. Le phénomène de délocalisations existera mais de façon très limitée en recherche et développement.
Vous prévoyez de poursuivre votre politique d’acquisitions de sociétés en 2010. Est-elle appelée à s’accélérer ?
Nous n’avons jamais arrêté la stratégie d’acquisitions. En 2009, nous avons racheté trois sociétés et nous espérions faire plus d’opérations, pensant que la crise amènerait des opportunités. Cela n’a pas été le cas. Nous chercherons toujours des cibles de manière à asseoir notre développement à l’international, dans tous les secteurs. Notre but est d’atteindre à chaque fois une taille critique de 1.000 personnes dans chaque pays. Nous regardons donc surtout en Allemagne, au Benelux, en Scandinavie et en Italie.
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